Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 86
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0094
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décoratîons sur ce théâtre dont nous tous
sommes les actears.

Yous trouverez peut-être ces réflexions
trop morales : c’ est cependant la guerre
qui apprend à en faire de sérieuses . Les
jours de la plus part des hommes coulent
d’ une allure assez egale, et se ressernblenï
presque tous. Ici ce sont des hazards per-
pétuels plus ou moins grands, selon qu’on
ies suit diminuer par la prudence, et une
vigilance infatigable. Ce s~nt des momens
critiques, où la sagesse humaine se trouve
impuissante, et d’ autant pius embarrassée
dans le choix du parti qu’ elle doit pren-
dre, qu’ il est difsicile de démèler entre
vingt projets, qu’ on imagine, quel est îe
véritable de l'enne-mi. C’est un abîme de
détails cù souvent les fautes des plus pe-
tits membres rejaillissent sur la totalité du
cotps. En un mot il est bon que la guer-
re ait des périodes dans le monde, comme
les contagions en orxt parmi les humainsj
sans quoi une vie aussi pleine de travaux,
d’inquiétudes f et de soins absorberoit bien-
tôt et les forces, et la capacité de ceux
qui s’y 'sont voués.

Les
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