Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 130
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0138
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5 3o L E T T E a E

Sire, la santé de V. M. pourroit s’en pas-
ser graces à Dieu ; et elle est â présent
aussi bien remise, qu’ elle a été toujours
précieuse :

Terze- magis salvum populus, an populum tu,
Servet in ambiguo qui consulit et sibi et urbî
Jupiter.

Si nous étions dans les beaux tems de 1’
antiquité I’ 011 ne verroit que sacrifices à
la deesse Hygia que feroient les sujets de
V. M. pour remercier cette divinité bien-
saisante d'avoir répandu ses dons sur leur
Titus. Mais quels seront les sacrifices ou
plutôt les évocations que fera le pauvre
Voltaire? Je le plains réellement d’avoir
perdu ce qu’ il ne retrouvera peut - étre
jamais: la perte d’une femme qu’on aime,
et avec qui on passoit sa vie est irrepara-
ble pour ceux que ne commandent pas des
armées, et ne gouvernent pas des états.
J’ en suis d’ autant plus fâché , Sire, que
ce malheur dérangera peut-être son voya-
ge, et retardera le plaisir que V. M. se
proposoit avec ce grand maître dans un
art dans lequel V. M. I’ est d’ autant plus
qu’ elle en veut convenir le moins.

Jq
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