Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 146
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0154
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d’ oser interrompre le tems précieux de
V. M. par de semblabîes bagatelles : mais
elle a souvent îa bonté de descendre jus-
qu à nous, et je puis par îà rendre com-
pte d’ une certaine saçon â V. M. de la
maniere dont j’employe mon tems à Ber-
lin. Je sais des alternatives ; des éxercices
du corps et de ceux de Fesprit, et prin-
eipalement du manége à l’ étude. V. M.
va rire; rnais Boerabave, ce grand docteur,
alla au manége à 60 ans : et après une
telle autorité, y allant par les mêmes rai-
sons, je ne fais point diffxculté d’y aller
à l’age de 3y ans ; et en effet, Sire, il se-
roit trop ridicule , si montant à cheval
pour donner du jeu au sang dans les anas-
tomoses- des vaisseaux capillaires, on allat
se casser les vertebres du col . Le ma-
tin depuis clix heures jusqn’a midi, et le
soir depuis neuf jusqu’à minuit je travaille
à des lettres qui roulent ou sur quelques
matieres philosopbiques, ou sur la poësie ou
sur la peinture et les beaux arts : et j’ en
âi bien une vingtaine de pretes . Ce sont
des lettres à la posterité, autant que des
lettres à des arnis : et si jamais elles sont

ren-
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