Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 170
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0178
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L E T T E R È

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LXXXL

Je vous remercie de la belle musique que
vous m’ ayez envoyée. A' 1’ éntendre j.’au-
rai cru que depuis Yinci, et Hasse, les
Huns et les Gépides auroient ravagé la
Lombardie, et en la détruisant y auroient
porté leur gout bizarre, et barbare. On.
pourroit appliquer à vos corapositeurs le
mot de Waldsterchel, tu fais des notes
sans faire de la musique. Je crains plus
que jamais pour vôtre santé depuis que je
vous sais dans une université de méde-
cins. II faut qu’ iis entendent bien mal
leur inétier s’il ne s’en trouve pas un d’
assez adroit pour vous dépécher là bas.. Je
sens tous les jour»> avec les progTes de F
age augmenter mon incredulité pour les
historiens, théologiens, et médecins . II
n’y a que peu de vérités connues dans le
monde, nous les cherchons, et chemin fai-
sant nous nous contentons des fables qu’on
nous forge, et de l’elcquence des charlà-
tans. Vous n’allez donc point à Hercula-
num. J’en suis fâché; c’est le phénome-

n@
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