Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 172
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0180
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L E T T E R £

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LXXXIL

Vous ne trouverez pas étrange, mon cher
Algarotti, que je me sépare de la confrai-
rie des poetes , depuis qu’ il se trouve de
si grands faquins parmi eux. J’ai fait les
poësies que je vous ai données pour m’
amuser. Cela n’ etoit bon que pour cet
objet; raais je ne veux ni ètre lu, ni étre
transcrit. Raphaël doit être copié, Phidias
imité, Yirgile lu. Pour moi je dois être
ignoré. II en est de mes ouvrages comine
de la musique des dilettanti. On dait se
rendre justiçe, et ne pas sortir de sa sphè-
re. Je connois la mienne qui est assez
étroite, et je me ressouviens de Ia Salé
qui après avoir plu à Londres , sut sifflée
depuis qu’ elle s' avisa de danser habillée
en homme . Je souhaite que l’ Italie vous
ennuye au point de vous la faire quitter
bientôt. Yous voyez que les médecins de
Padoue ont le sort de tous les autres de
l’Europe. Si vos opéras sont mauvais, vous
en trouverez ici un nouveau qui peut-être
ne les surpassera pas . G’ est Montézuma.

J’ ai
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