Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 180
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0188
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i8ô L E T T E H Ë

si tôt « Formey a lu à l’ académie les élo-
ges de m. d’Arnim, et de Munichau, et
i’académie s’est opposée à ieur impression.
J’aiété curieux de les lire . Jamais il n’y
a eu bavardage plus inepte, et plus plat.
Formey a voulu avoir de 1! esprit : ii a
fait assaut contre la nature, et certaine-
ment cela n’a pas tourné à son avantage,
]j6 fou s’ est dit mort à Colmar pour en-
tendre ce qu’on diroit de Iui, Je vous ea-
voie son épitaphe.

Ci gît le signeur Arouet
Qui de friponner eut marne.

Ce bel esprit toujours adroit
N’oublia pas son intêret
En passant même à l’autre vie
Lorsqu’ il vit le sombre Achéron
II cliicana le prix du passage de l’onde ,

Si bien que brutal Caron
D'un coup de pied au ventre appliqué sans façon
Nous l’a renvoyé dans ce monde.

Je vois bien que je ne vous reverrai qu
avec les cicognes, et ies hirondelies, et
je compte que vous aurez si bien arrangé
vos afsaires en Italie, que vous ne serez
pius obligé d’y retourner de si tôt. Adieu.
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