Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 233
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0241
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efforts- pour y resister, et il ne faut pas
s’étonner, si souvent nous soufsrons quel-
que échéc. Le Juif errant, s’il a jamais
existé, n’ a pas mené une vie si errante
que la mienne. On devient à la fin com-
me ces comédiens de la campagne , qui
n’ont ni feu, ni lieu ; et nous courons le
nionde représenter nos sanglantes tragé-
dies, ou il plaît à nos enneinis d’en four-
nir le théâtre. Je vous €uis très-obligé de
la boutargue que vous m’ avez envoyée,
elle a été mangée par les troupes des Cer-
cles, peut-être par celles de Mayence que
l’Arioste avoit pris en aversion. Cette cam-
pagne vient d’abîmer la Saxe : j’avois mé-
nagé ce beau païs autant que ]a fortune
me l’avoit permis, mais à présent la dé-
solation est par tout: et sans parler du mal
rnoral que cette guerre pourra faire, le
mal physique ne sera pas moindre, et nous
l’ échaperons belle si la peste ne s’en suit
pas. Misérables fous que nous sommes,
qui n’ avon.s qu’un mcment à vivre ! nous
nous rendons ce moment le plus dur que
nous pouvons, nous nous plaisons à dé-
îruire des chefs - d’ ceuvres de 1’ industrie

et
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