Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 15): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-15]

Seite: 378
DOI Seite: 10.11588/diglit.28093#0386
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/algarotti1794bd15/0386
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
5y8 L E T T E R E

Yous vous occupezj monsieur, toujours
utilement pour l’ humanité, et vous em-
pîoyez des niomens de loisir qui ne sem-
blent destinés qu’à vôtre amusement, avan-
îageusement pour ies arts. Yous les ai-
mez, vous les cultivez, vous faites travaii-
ler sous vos yeux. Une vie pareille est
remplie tranquilement, agréabiement ; elle
est à desirer. La mienne est plus turbu-
iente ; et chargé d’asfair'es publiques, je
n’ ai peut - être que le bonheur de faire
des choses aussi utiles. Cependant j’ ai fait
ce que j’ ai pu pour 1’ avantage public : c’
est une idole à la quelle je sacrifîe tout.
J’aime ce pays coraœe rna patrie. J’ai ten-
té bieri des choses ; quelques unes réussis-
sent : mais j’ ai à combattre une sorte d
indolence, et un état restreint de facuh
tés. II faut beaucoup de patience, et après
bien des années d y aura des progrès,
mais peu sensibles : il ne faut pas se dé-
courager; rnais on meurt dans la peine.
Ouelle vie , monsieur î

Passant à des objets plus srivoles; vous
yoyez, monsieur, que ie projet de nos ope-
ra sur un nûuveau plan, est abbandonné:
loading ...