Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 16): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-16]

Seite: 160
DOI Seite: 10.11588/diglit.28094#0168
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T E R E

iGo L E T

Les défauts sont innombrables , mais les
beautés sont trés-grandes. Quatre ou cimj
cent beaux vers sont tout ce qui nous re-
ste de deux ou trois milie tragédies jusqu’à;
Racine. Nous avons été bien barbares, j’en
suis tout efsrayé.

Je crois que vous vous intéressez plus
qu’ un autre à la derniére tragédie de Rus-
sie -, vous avez été dans le pays ; c est ce-
lui des revolutions.

Je vois tout cela avec une ldngue lunet-
te d’ approche . Si Pierre Ulric n’ est pas
mort;, je lui conseilie d’aller passer le car-
neval à Yenise avec les six rois qui ont
soupé avec Candidfe.

II est vrai que toutes les revolutions que
j’ ai vués depuis que je suis au monde ?
n’ approcbent pas de celle de Cromwell.
Je ne crois pourtant pas que je mette ja-
rnais cet illustre fripon sur le théatre ; il
me faudroit un parterre de Puritains ; et
les Puritains ne vont pas à ia comedie.

Si yous voyez jnr. Paradisi , faites-luiy
je vcus en prie, mes très-tendres compli
niens, et soyez persuadé que je yous aime-
rai toute ma vie.
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