Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 16): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-16]

Seite: 205
DOI Seite: 10.11588/diglit.28094#0213
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mâintenant aussi bien qu’ elle ait jamais
fait. Je lui dis hier ce que vous rne char-
giez de lui dire ; il m’y parut fort sensi-
ble , et me demanda avec empressement
si je croyois que vous viendriez ; je lui dis
qu’ oui , quoique je le souhaite plus que
je ne m’en flatte après tant de délais. Je
ne saurois vous dire le plaisir que j’ en au-
rai, si cet heureux.jour arrive : et si j’étois
en meilleur état, j’irois au devant de vous
jusqu’à Dresden. Mais il me semble de-
puis quelque tems que ma machine se dé-
truit à vue d’ oeil. Je ne mourrai pas cet
hiver ; pas clu moins de la poitrine ; mais
d’autres accidens me menacent d’une rui-
ne prochaine . II m’ est resté une oppres-
sion presque continuelle , des enssem ens
de jambe tous lessoirs, et des grands sei-
gnemens de nez . Totit cela ne vaudroit
rien à quelqu’un qui aimeroit la vie: mais
tout cela n’est pas grande chose pour quei-
qu’un qui la voit pour ce qu’elle est. Je
voudrois seulement vous voir avant que
d’ en sortir.

J’ai parcouru l'e livre que vous in’avez
envoyé, et je yous avoueraî qu’ il ne me

pa-
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