Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 16): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-16]

Seite: 354
DOI Seite: 10.11588/diglit.28094#0362
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/algarotti1794bd16/0362
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
E

3^4 Lettek

Je suis charmé d’ apprendre par la pr.e-
aniére que vous ajez reçu mes lettres sur
la Russie , et j’ apprens une chose que je
ne savois pas, qu’on eut traduit mon es-
sai sur les Incas .

Je n’ai pas vû l’extrait que vous avez
fait de mes lettres rnilitaires , monsieur ;
et comme je ne doute pas qu’il ne soit
extrémement honorable pour moi je meurs
d’envie de le voir. ïndiquez - moi dans
quel Journal il est.

Par le seconde lettre j’ étois très afssigé,
La peinture des maux que le Russes ont
faits â Berlin est très vive . Je regarde ce
pays-là comme ma seconde patrie, et ses
maux sont les miens. Ces belles statues
donc qui représentent Achille au milieu
des filles de Sciros, sont mutilées, et de-
îruites par la fureur des Cosaques et des Cal-
mouques.?mais au moins l’Académie a été sau»
vée ; vous avez trouvé une ame grecque
dans un Russe , Je ne doutois pas de vo-
tre ataraxie au milieu de tant de tumul-
te et d’ horreur, et je vois que la philo-
sophie sert bien ceux qui la cultiyent coin°
me yous.

T ai
loading ...