Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 17): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-17]

Seite: 14
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'14 L E T T E R E

en faire rire mylady Montaigu à qui jô

présente inon respect.

Vous avez bien raison d’ aimer bien
mieux Candide que Y ode. Quoique cet es-
péce de roman soit un peu inaussade ÿ
Voltaire n’ a point fait d’ ouvrage où touü
aille si bien à son but. La mort de Socra-
te qu’ il vient de donner en tragicomédie
en prose n’a pas réussi. Vous avez sans
doute vû l’Ecclesiaste, qu’il a mis en vers
pour prouver que le matérialisme se trou-
ve même dans les livres saints, et qu’ils
nous donnent aussi un rnodéle de poèsie
galante dans le Candque des Cantiques ; il
i’a un peu chatié en le versifiant, parce
qu’ il l’avoit fait jadis pour madame de
Pompadour. Bernard l’a paraphrasé d’une
manière bien plus agrèable, mais un peu
obscéne. J’ ai pris la liberté de le lui di-
re, et je n’ai pas manqué de lui montrer
îes endroits ilatteurs de vos lettres ; il me
paroit très - fort vètre serviteur, et vôtre
admirateur; il sait assez l’italien pour vous
entendre, mais pas si bien que v<?us savez
îe françois . J’ oublie de vous Jire que l'
Eeclesiaste de nôtre Yirgile est bien fait^

et
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