Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 17): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-17]

Seite: 101
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Inedite, loi

ne poiïit entendre ; et quoiqu’ en dise vô-
îre Roi, ils servent â présent à exprimer
de fort belles idées. Je pense que vous al-
lez faire un tour au midi cet hyver, pour
aller à la paix revoir ce héros du Nord au
comble de sa gloire ; je crois qu’ il est Ie
premier qui ait des souverains au nombre
de ses enthousiastes : vous voyez qu’ ii n
en a point de plus ardent que le Czar, et
que loin d’ être mené par la fortune, c’est
lui qui la conduit; depuis 12 ans il cul-
tivoit s amitié de ce Prince, en le loüant
sans cesse sur les grands talens qu’ il ap-
percevoit, disoit-il, en lui pour ia guer-
re. Je craindrois bien cette intiine union
pour PEurope, si je espérois que Frédéric
est las de ne point dormir, de vivre er-
rant, loin des muses, dans la poussiere,
le sang, le bruit et l’inquiétude. Le livre
de R.ousseau sur V éducation vous est-il par-
venu? Ce fou de beaucoup d’ésprit s’est
sait proscrire d’ ici, et de sa patrie, où le
peuple prend son parti, et se plaint de ce
qu’on soufsre à la porte de Genéve un au-
teur célébre parler librement de la reli-
gion, et qu’ on difsame un de leurs cito-

G 3 yens
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