Algarotti, Francesco  
Opere Del Conte Algarotti (Band 17): Lettere Francesi — Venezia, 1794 [Cicognara Nr. 3-17]

Seite: 109
DOI Seite: 10.11588/diglit.28095#0119
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Ineeitï» 10g

trouverons bien le inoyen de vous distin-
guer. Mais la gazette me fait peur ; elle
dit, le cèlébre ei docte comte Algarotti 'va
passer V hiver à Pise pour rétablir sa san-
té. Nous avons le docteur Gatti de ce
païs-là, à présent à la mode iei? qui dit,
que l’eau de la Seine vous fera autant de
bien que celle que vous allez boire. La
fontaine d' Hippocréne auroit bien dû gué-
rir un de ses nourissons, sans qu/ ii eût
besoin de recourir aux sources du vulgai-
re : j’ aurois aussi bon besoin de Pise pour
des vapeurs et des palpitations qui me met-
tent hors d’ état d’ aller aux soupers et au
spectacles ; je ne sais plus que ce qu’on
me dit du monde, je n’en vois rien par
moi-même, on me trompe tant cju’on
veut. J’ irai pourtant voir une piéce de
Goldoni, quand il en donnera : je n’ai
point encore vû ce célébre comique ; l’am-
bassadeur de Venise est venu me deman-
der la permission de me l’amenerj je la
lui ai donnée sans doute, et n’ ai plus en-
tendu parler de la visite ; j’ai oublié à lui
demander pourquoi: Paris est un cahos où
tout se perd ; la Seine ici, est yraiment

le
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