Schlegel, Johann Heinrich   [Übers.]
Almanac Français Pour l'année 1796 — Mannheim, [ca. 1795] [VD18 14172062]

Seite: 11
DOI Seite: 10.11588/diglit.28083#0033
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II

Comme la Dame donnoit de la grâce à ce
qu'elle Iisoit, tout le monde se mit à rire, par-
ce qu’on s’apperqut que c’étoient des vers. La
belle les avoit lus d'une maniéré si traînante
et si- interrompue', qu’ils avoietit paisé jusque-
là pour de la prose. Il .ne fut pas difficile de
juger, qu’un homme qui avoit l’esprit asTez
libre pour faire des vers, n’étoit pas si en co-
lère qu'il le disoit, et que les reproches étaient
toute la vengeance qu’il vouloit prendre de la
présérence qu’on avoit donnée à son rival.
On plaisknta sur ces vers, es: une jeune per-
sonne fort enjouée dit agréablement, qu’il sal-
loit empêcher le Dieu Hyménee d’entrer,
puisqu’il avoit entrepris de venger un amant
déscspéré.

Cette menace ne fit point peur à l’amant.
m ï.a cérémonie fut achevée. Il en montra une
extrême joie, et s’il eut quelque chagrin qui
ne parut pas, Ce fut de connoître que sa maî-
tresse avoit eu une première passion dans le
cœur.
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