Schlegel, Johann Heinrich   [Übers.]
Almanac Français Pour l'année 1796 — Mannheim, [ca. 1795] [VD18 14172062]

Seite: 82
DOI Seite: 10.11588/diglit.28083#0050
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St ***

Il y avoit un gentilhomme, qui étyiit d’une
1» grande mollesie , qu’il mitonnoit son corps,
comme s’il eût été d’une toute autre argile
que le relie du genre «humain. Les gens, qui
sefont ainsi une idole d’eux-mêmes, et qui
se traitent délicatement, deviennent facile-
ment amoureux. Notre Sire, ou Don le devint
bientôt d’une jeune demoisclle. Un jour qu’il
lui contoit sseurettes, il lui dit entre autres
choses, qu’il l’aimoit comme sa propre ame.
La demoiselle, qui n'ignoroit pas ses manie,
res molles, qu’elle n’approuvoit nullement,
lui répondit: „ Vous me donneriez un plus
„ grand témoignage de votre amour, si vous
„ me dissez, que vous m’aimez autant que votre
„ corps. “

Un gentilhomme étoit allé dans une bouti-
que des mieux fournies, pour acheter quel-
ques galanteries , dont il avoit besoiii; mais ,
trouvant qu’on les mettoit à un trop haut prix;
il dit, qu’étant des amis de la maison, on ne
devoit pas lui vendre ss cher. Le marchand lui
répondit : „ Monsieur, il faut que nous gagnions
notre vie avec des amis, car pour nos en.-
,, nemis, ils ne viennent pas chez nous. “
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