Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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E. AMÉL1NEAU.

compris M. Revillout en croyant se trouver en présence d'une véritable biogra-
phie. On peut m'objecter, il est vrai, certaines expressions qui se trouvent au cours
de l'œuvre, et surtout le commencement. Voici ce commencement tel que je l'ai
traduit : «Je commencerai de raconter les vertus et les merveilles qu'a faites notre
père saint apa Schnoudi, lesquelles j'ai vues de mes yeux, moi Visa son disciple,
ainsi que celles que notre père saint apa Schnoudi m'a dites de sa bouche où il
n'y avait jamais de mensonge. Je vous en raconterai maintenant quelques-unes.»
L'expression employée dans le texte est la même dans les deux passages, je le
sais; mais Visa ne pouvait pas avoir la prétention d'énumérer et de raconter tout
au long les actions merveilleuses de son père Schnoudi; car, comme il le dit plu-
sieurs fois, elles sont innombrables et dépassaient ses forces à lui qui n'était qu'un
«homme humble et inhabile dans l'art du discours, ne sachant pas conduire une
barque et craignant de se noyer dans les flots de la mer». Il a donc fait son œuvre
aussi complète qu'il l'a pu, mais sans espoir de n'oublier rien. Si cette raison ne
suffit pas pour prouver ce que je dis, j'ajouterai qu'il était possible d'arriver à la
même conclusion en examinant les fragments thébains de la même œuvre qui se
trouvent au musée de Naples. Il n'était pas même besoin d'aller à Naples pour
faire cette constatation, il suffisait d'ouvrir le catalogue de Zoëga aux pages 3yy
et 379 : là se trouvent deux fragments de la vie de Schnoudi et dans les deux on
trouve des traits que ne contient pas la vie memphitique. Il était donc facile de
conclure que cette vie memphitique n'était pas l'œuvre complète de Visa. En
outre j'ai rencontré moi-même dans les fragments thébains ou memphitiques que
Lord Crawford a bien voulu mettre à ma disposition, un fragment memphitique
ayant tout l'air d'appartenir à une vie de Schnoudi et où l'on rencontre un récit
qui ne se trouve pas dans l'abrégé du Vatican. Enfin, l'année dernière, dans mes
courses à travers la Haute-Egypte, j'ai eu la chance de découvrir et de mettre le
premier la main sur une vie arabe de Schnoudi, vie attribuée au même auteur,
c'est-à-dire à Visa, et offrant un bien plus grand nombre de faits que la vie mem-
phitique, et des détails plus circonstanciés dans plusieurs narrations qui se trouvent
à la fois dans les deux œuvres.

A ces preuves qui sont en grande partie extrinsèques, je peux en ajouter une
autre qui est purement intrinsèque. Dans un certain nombre de récits, la vie mem-
phitique présente les faits d'une manière très sommaire et quelquefois incompré-
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