Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

XI

ments que je publie, soit dans la vie copte, soit dans la vie arabe, on se trouve en
présence de textes scripturaires cités à tout propos : les lettres et les sermons de
Visa sont de la même facture. Le style y est aussi humble et sans couleur que
dans la vie de Schnoudi : ce dont il ne faut pas se plaindre d'ailleurs, car les dif-
ficultés de l'intelligence du texte sont moins grandes et moins nombreuses. Le
nom de Visa est inscrit en tête des fragments dont je parle, et dans ses lettres on
voit qu'il est vraiment le successeur de Schnoudi et qu'il continue l'œuvre de son
père. En outre dans la narration même de la vie, comme dans la préface, l'auteur
parle toujours de lui à la première personne, et il le fait avec un air de sincérité et
de véracité qui ne laisse aucun doute. Je crois donc que Visa est bien l'auteur de
la vie de Schnoudi et que dans le résumé copte nous avons son texte même, toutes
les fois qu'il n'a pas été tronqué. Cependant quand je dis que nous avons son texte
même, il ne faut pas s'y méprendre, car nous n'avons sans doute que des fragments
de l'œuvre personnelle de Visa. Je crois en effet que Visa écrivit son ouvrage dans
le dialecte thébain. Plusieurs raisons me portent à le croire : d'abord le monastère
de Deir Schnoudi est situé au Sud-ouest d'Akhmim qui est bien dans la Haute-
Égypte; en second lieu tous les parchemins qui contiennent les œuvres de Schnoudi
et celles de Visa sont écrits en dialecte thébain; en troisième lieu les parchemins
que l'on découvre encore aujourd'hui dans le monastère illustré par notre héros
n'offrent que des textes sahidiques, ainsi que les inscriptions que l'on rencontre
dans ce monastère et dont j'ai pu copier une partie. Cet ensemble de faits prou-
vent, je crois, que le dialecte thébain était parlé dans le monastère de Schnoudi,
et que par conséquent les ouvrages écrits dans ce monastère n'ont dû l'être que
dans le dialecte du Sahid. Le texte memphitique n'est donc qu'une traduction, et
je ne sais si je m'éloignerai beaucoup de la vérité en pensant que la traduction fut
la cause même de l'abrégé et que le traducteur a voulu se rendre la besogne plus
courte et plus facile. D'ailleurs le choix qu'il a fait dans l'ouvrage de Visa montre
qu'il a agi d'après une idée préconçue, car il n'a donné aucun détail qui soit avant
tout historique, ou du moins qui paraisse l'être; il a laissé de côté tout ce qui n'était
pas assez merveilleux à son gré, tout ce qui lui paraissait plus se rapporter au type
de l'homélie que du récit; il n'a pris que les pages qui, avant tout, devaient l'édifier
lui-même d'abord, et édifier ses lecteurs ensuite. S'il a conservé, en certains en-
droits, quelques phrases nécessaires pour rattacher ensemble les diverses parties

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