Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

Seite: XII
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1888bd1/0022
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
XII

E. AMÉLINEAU.

du récit, il l'a fait maladroitement et les a rendues fort difficiles à comprendre, sé-
parées qu'elles sont de leur contexte. C'est en particulier le cas pour la phrase où
l'auteur tâche de se donner quelque courage en disant : «Allons, maintenant, mani-
festons pour vous les vertus et les merveilles que Dieu a opérées par la main de
mon père le vieillard; car voici un grand nombre de jours que je souffre et suis
troublé, craignant de m'approcher des œuvres merveilleuses de mon père apa
Schnoudi; car je suis sans force et inhabile dans le discours, de peur que je ne
sois noyé dans la mer des eaux parce que je ne sais pas nager; car je suis débiteur
d'une grande dette, mais le créancier n'est pas troublé dans ses œuvres.»1 Cet
amalgame me semble incompréhensible de prime abord si l'on veut se rendre
compte, non pas des mots qu'on peut toujours comprendre de force ou de gré,
mais de la suite et de la genèse des pensées dans l'esprit de l'auteur. Bien plus, si
le texte n'est pas fautif et rien ne montre qu'il le soit, le traducteur memphitique
n'a pas compris le texte sahidique; car le dernier membre de phrase «le créancier
n'est pas troublé dans ses œuvres», n'est pas compréhensible. Si au contraire je
prends le passage correspondant dans la vie arabe, je vois tout autre chose. D'abord
je me rends compte de l'emploi de la seconde personne du pluriel et je vois que
j'ai affaire à un discours prononcé par Visa, le jour de la commémoraison, c'est-
à-dire de la fête de Schnoudi, tandis que rien ne m'indique la raison pour laquelle
je me heurte dans le texte copte à un pronom pluriel de lâ seconde personne que
rien ne justifie apparemment. En outre je lis : «Voici les enseignements que le saint
anba Schnoudi nous a toujours donnés, et que nous venons, ô nos fils, de vous
expliquer à l'instant; et nous allons vous raconter quelques-unes de ses nombreuses
actions et des merveilles que Dieu a accomplies par sa main. Et voici que jadis j'étais
craintif, rempli d'appréhension, n'osant pas expliquer les qualités et les mérites de
mon père le saint, le grand, notre père anba Schnoudi, notre vrai père, père uni-
versel; car je craignais et redoutais étant faible, humble de parole et d'action, de
me noyer dans les flots de la mer, puisque je ne sais pas nager, que je suis petit

i. Peut-être puis-je donner la cause de ce contre-sens. Le texte thébain pouvait très bien avoir
ujxepTip çii neqç&iiirc. Le mot ujTep-rip est une forme très rare d'un participe à nuance fréquentative
qui signifie : qui a l'habitude de se remuer et de troubler, turbulent. Le traducteur memphitique n'ayant
pas saisi cette nuance a mis le même mot uj-eopTep en memphitique, et ce mot n'a pas le même sens :
ou alors il faut dire que c'est un sens inconnu jusqu'ici.
loading ...