Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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XIV

E. AMÉLINEAU.

à Nitrie ou à Scété. S'il n'est pas possible actuellement de dire avec certitude à
quelle époque précise ont été composés ces Apophthegmes, on peut cependant déter-
miner l'époque avant laquelle ils n'ont pas été écrits, ainsi que celle avant laquelle ils
ont été réunis en un seul corps d'ouvrage. En effet, il y est fait mention du règne
de Marcien et des efforts que fit ce prince pour faire souscrire la célèbre définition
doctrinale connue sous le nom de Tome de Léon; ils n'ont donc pas été composés
avant la fin du cinquième siècle. D'un autre côté, il n'y est fait aucune allusion à
l'invasion de l'Egypte par les Arabes, ni même à aucun des patriarches succes-
seurs de Dioscore : on n'y trouve le nom d'aucun moine postérieur à Daniel qui
gouverna tous les monastères de Nitrie et de Scété et qui vivait à la fin du cin-
quième siècle; on peut donc avec toute vraisemblance dater la composition de cet
ouvrage des dernières années du cinquième siècle ou des premières du sixième. Or,
dans cet ouvrage, on ne connaît pas Schnoudi, son nom ne s'y rencontre pas une
seule fois; par contre il est connu peu de temps après que l'Egypte a été ravagée
par les Perses sous la règne d'Héraclius; car dans la vie de Pisentius évêque de
Keft, vie écrite par l'un de ses successeurs sur des notes laissées par le disciple
même de Pisentius, on voit que les écrits de Schnoudi lui étaient connus. En effet,
on cite dans cette vie un sermon de Schnoudi sur la tenue qu'on doit garder à
l'église, où le prêtre, surtout à l'autel, ne doit ni cracher ni se moucher, où l'on
ne doit ni parler ni se tenir mollement,1 et il est probable que Pisentius a été connu
des moines de Scété peu de temps après sa mort. Or, l'invasion des Perses doit se
rapporter à la cinquième année du règne d'Héraclius, c'est-à-dire à l'année 615 de
notre ère. Il est donc probable que c'est vers la fin du sixième siècle, un siècle
environ après sa mort, que Schnoudi fût connu des solitaires de Nitrie et de Scété,
qu'on lût sa vie et ses œuvres préalablement traduites, et par conséquent qu'à cette
même époque remonte l'abrégé qui forme la première partie des documents que
je publie. Mais toutes ces inductions ne doivent être données que comme une
simple conjecture.

Je pourrais discuter ici la valeur historique de cet abrégé, mais comme les faits
qu'on y raconte se retrouvent tous ou à peu près dans la vie arabe, je remets cette

1. Zoëga, Cat. cod. copt., p. 41—45. Le passage auquel je fais allusion se trouve p. 42 pour le
texte et 44 pour la traduction. j'ai copié tout cet éloge dans le Cod. copt. du Vatican n° 66 et je le
publie en ce moment dans les Mémoires de l'Institut Égyptien.
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