Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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XVIII

E. AMÉLINEAU.

n'écoutaient que d'une oreille fort distraite les brûlantes exhortations de Dioscore.
C'est le patriarche qui témoigne lui-même de tous ces détails (après sa condamna-
tion dans le concil de Chalcédoine et le schisme qui en fut la suite), dans un livre
rapporté par nous de notre mission d'Italie et dont nous allons donner des extraits.
Cet ouvrage plein des renseignements les plus curieux sur la période du concile
de Chalcédoine (particulièrement sur la conférence, jusqu'ici inconnue, qui aurait
eu lieu avant le concile, à Constantinople, dans le palais même de l'empereur), cet
ouvrage, dis-je, fut d'abord rédigé en grec (car Dioscore, ainsi que ses prédéces-
seurs, parlait cette langue et ignorait même, nous dit-il, l'égyptien); mais il fut
aussitôt traduit en copte pour ses fidèles de race égyptienne, et il devint l'une des
pièces capitales de l'église jacobite d'Alexandrie, qui en fait, tous les ans, solennel-
lement la lecture liturgique complète dans le sanctuaire de la Vierge le 20 (?) et le
21 de Paophi.»1

J'ai le regret de ne pouvoir être d'accord avec M. Revillout; mais toutes les
affirmations que contiennent ces lignes me semblent en désaccord avec la vérité
froidement envisagée. D'abord l'œuvre en question n'est pas une pièce capitale
de l'église jacobite d'Alexandrie; car, si elle était récitée à certains jours dans la
liturgie copte, elle ne l'était ni plus ni moins que comme les autres œuvres ren-
fermées dans cette liturgie et qui nous ont été conservées dans une douzaine de
volumes de la bibliothèque vaticane. Rien n'indique que cet Éloge de Macaire
fut une pièce capitale de l'église d'Alexandrie plus que la vie de Schnoudi, le ser-
mon de S' Cyrille et les Lettres d'Acace et de Pierre Monge que je publie, et une
foule d'autres vies, d'autres éloges et d'autres sermons que je pourrais publier dès
maintenant et qui se lisaient aussi à certains jours de l'année. En outre, si je com-
prends bien les paroles de M. Revillout, il s'agirait ici de l'église particulière d'Ale-
xandrie, et non de l'Église d'Egypte en général; car la mention du sanctuaire de
la Vierge localise bien l'idée autant que le lieu. Or s'il en était ainsi, cette lecture
devant être faite dans une église particulière dédiée à la Vierge à un jour fixe, serait
une exception unique dans la liturgie copte, laquelle était la liturgie de toute l'Église
d'Égypte; de plus la ville d'Alexandrie n'a rien à faire ici puisque le livre a été
écrit pour les monastères de Scété et qu'il est assez vraisemblable que les moines

1. Revue égyptologique, 4e année, n° IV, p. 188.
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