Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

XXI

ait bien copié le texte qu'il avait sous les yeux. Si la chose était de peu d'impor-
tance, j'admettrais facilement l'erreur; mais dans un passage capital l'erreur doit
m'être démontrée péremptoirement pour qu'il y ait possibilité de l'admettre. Or,
dans le cas présent, elle ne l'est pas. Encore si ce changement de deux noms aussi
importants, changement qui peut à lui seul faire crouler tout l'amas de preuves
dont on s'efforce d'entourer l'authenticité de l'œuvre, si ce changement, dis-je,
était la seule erreur importante; mais le malheur veut que le récit de cette confé-
rence doctrinale contienne un autre nom qui met encore plus le lecteur sur ses
gardes et le confirme dans ses doutes. Ce nom est celui de Flavien, lequel embar-
rasse beaucoup M. Revillout. Pour se tirer de cet embarras, M. Revillout estime
qu'il faut remplacer Flavien par Tatien, et voici les raisons qu'il donne : «Le texte
donne ici la leçon Flabianos, (tandis qu'il écrit plus loin Flavianos, comme les
actes conciliaires et les pièces officielles contemporaines, le nom de l'ancien évêque
de Constantinople, déjà mort et remplacé, d'après lui-même, par Anatolius, ex-
pressément nommé,) et il ne fait pas figurer ce Flabianos parmi les principaux
évêques indiqués comme présents à la séance. Il est certain, en effet, d'après notre
document même qu'il ne s'agit pas de S1 Flavien, mais d'un magistrat laïque, comme
ceux que nous voyons siéger au concile de Chalcédoine et diriger les débats. Juste-
ment le principal de ceux qui figurent dans les actes est Tatianos, préfet de la ville,
chargé en cette qualité de l'instruction et de la poursuite des affaires litigieuses.
Je crois donc qu'il faut corriger Flabianos en Tatianos, bien que le nom de Flave,
alors porté par l'empereur, ait été très fréquent. Notons du reste que le discours
de Dioscore semble avoir été rédigé après coup, d'après d'anciennes notes par Pierre
Monge, l'un des secrétaires de Dioscore qui plus tard lui succéda. Ce Pierre Monge
dont nous publierons encore une des œuvres ne paraît pas très consciencieux. Il
ne serait pas impossible qu'il se soit lui-même, peut-être volontairement, trompé
sur le nom propre afin de laisser les simples croire à l'ingérence du condamné
d'Ephèse, S' Flavien, dans cette affaire, alors que, pour les gens instruits, il don-
nait un récit véridique à trois lettres près.»1 Ces raisons peuvent être ingénieuses,
mais elles ne me satisfont pas. Un auteur qui donne un récit véridique à trois
lettres près, quand ces trois lettres suffisent pour égarer ces simples qui sont la

i. Revue égypt., 3e année, n° 1, p. 19, note 4.
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