Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

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et de la poursuite des affaires litigieuses peut bien avoir à faire ici dans une défi-
nition dogmatique car, comme le disent clairement les paroles mises dans la bouche
de l'empereur Marcien, c'est bien d'une définition dogmatique qu'il s'agit : nouvelle
preuve que Flavien était regardé comme un évêque par l'auteur de Y Éloge. Dès
lors la conduite de la conférence se comprend très bien, car on laisse les évêques
discuter entre eux d'abord, et ce n'est qu'après l'acte de violence de Dioscore qui
a jeté à terre le Tome de Léon que l'empereur et l'impératrice interviennent, et
qu'enfin, lorsque tout espoir de conciliation est abandonné, Andracatès donne à
l'empereur le conseil que j'ai déjà indiqué. Si l'on objecte à cela l'intervention de
l'empereur et de l'impératrice, je répondrai que l'empereur, selon l'expression de
Constantin, est l'évêque du dehors, et qu'à cette époque la personne en qui rési-
dait vraiment la majesté impériale était l'impératrice Pulchérie. D'ailleurs les deux
époux prennent part à la discussion, non pas pour imposer leurs idées; mais pour
reprocher à Dioscore ses prétentions et sa violence. La manière grossière dont Dio-
score répond à l'impératrice Pulchérie, la menaçant du sort de sa mère, l'impéra-
trice Eudoxie, dont le «.siège» aurait été dévoré par les vers si elle ne s'était rendue
au tombeau de S1 Jean Chrysostome, est aussi une raison qui milite contre l'authen-
ticité de Y Éloge; car Dioscore, malgré sa fougue et son audace, n'eut jamais osé
parler de la sorte à l'impératrice, surtout en présence de l'empereur Marcien qui
ne proteste pas. J'avoue que cette analyse du récit est minutieuse, mais quand il
s'agit de questions aussi délicates dont la solution importe à la connaissance de la
vérité, j'estime qu'on ne saurait apporter trop de prudence à ses jugements.

L'étude intrinsèque du texte n'est donc pas en faveur de cette conférence doctri-
nale tenue en présence de l'empereur dans son palais de Constantinople. Les ren-
seignements que nous possédons d'autre part sur les préliminaires du concile de
Chalcédoine ne semblent pas laisser place à cette conférence préliminaire. Ce con-
cile avait primitivement été convoquée à Nicée où les évêques s'étaient rendus et
en avaient inutilement attendu l'ouverture pendant près de trois mois. Ce fut après
ce retard que l'empereur Marcien, ne pouvant quitter Constantinople, se décida à
transporter le lieu du concile à Chalcédoine. De tous ces faits historiques, il n'est
nullement question dans l'œuvre copte. On y lit en revanche que les évêques
d'Egypte retournèrent chez eux et que Dioscore avait été seul mandé près de l'em-
pereur; mais ces assertions ne sont pas exactes, l'empereur avait adressé des lettres
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