Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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monuments, etc.

XXVII

Visa. Ce que je dirai plus loin sur la manière de composer des écrivains coptes
fera mieux comprendre encore ce que je ne peux développer ici. L'Éloge de Ma-
caire n'est pas composé d'une autre manière que les œuvres qui s'y trouvent jointes
dans le présent volume, et c'est une nouvelle raison de croire que ni Dioscore, ni
Pierre xMonge n'en sont l'auteur ou le rédacteur. Somme toute, j'admets très volon-
tiers que Dioscore a prononcé un éloge funèbre de Macaire, que Paphnuti de Ta-
bennîsi est allé le visiter dans son exil à Gangres, que Macaire était un de ces
évêques rustres de la Haute-Egypte, dignes contemporains de Schnoudi; mais
quand je lis les Trots Mousquetaires, j'admets très bien aussi que Louis XIII et
Richelieu ont existé, qu'il y a eu des intrigues entre Anne d'Autriche et le duc de
Buckingham : j'admets même beaucoup d'autres choses encore; mais l'on ne me
fera pas croire qu'Alexandre Dumas est un historien ni que l'auteur de l'Éloge de
Macaire n'est pas un romancier.

La valeur historique de cette œuvre est donc minime et même très minime.
Quant à l'époque où l'on a composé ce morceau, je ne peux guère l'indiquer même
approximativement. Si l'on peut tenir compte de certains indices, il aurait été éla-
boré avant la mort de Dioscore qui n'est pas mentionnée et qui arriva en 454.
Peut-être est-il permis de penser que l'archimandrite Paphnuti, revenu dans son
monastère après sa visite à Gangres, raconta son voyage à ses moines et que l'un
d'eux composa le discours de Dioscore. Malgré le sentiment de Zoëga et de M. Re-
villout, je ne peux croire que ce discours ait été primitivement écrit en grec, puis
traduit en copte; ce sentiment ne s'appuie que sur l'ignorance où se trouvait Dio-
score de la langue égyptienne, d'après l'auteur; je ne trouve rien dans cet Éloge
qui trahisse la traduction, et si l'on admet avec moi que Dioscore n'en est pas
l'auteur, quoiqu'il ait pu prononcer un discours sur la mort de Macaire, les mots
du titre nous apprenant que les diacres Pierre et Théopiste ont recueilli ce discours
peuvent être considérés sans difficulté comme le mot de passe qui permettait à l'au-
teur de forcer de prime abord et de plein pied l'entrée des cœurs et de se concilier
la croyance de ses lecteurs. Un livre qui se serait présenté seul, sans se donner
comme l'œuvre d'un témoin oculaire, aurait été nul et non avenu, on ne l'aurait
pas pris au sérieux et on lui aurait donné l'épithète qu'il eût méritée d'ailleurs, on
l'eût traité d'apocryphe. Pour moi Y Éloge de Macaire de Tkôou attribué à Dioscore

est simplement une œuvre apocryphe reposant sur quelques données historiques.

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