Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

XXIX

rendant au concile, ou à son retour après la condamnation de Nestorius. Le dis-
cours serait donc postérieur à l'année q31, c'est-à-dire à la tenue du concil d'Ephèse
et antérieur à l'année 444 époque à laquelle mourut S1 Cyrille. Mais avons-nous
bien ici un sermon authentique du grand patriarche? Je dois dire tout d'abord que
je ne le crois pas. N'ayant pas sous la main les œuvres du célèbre archevêque, je
ne peux pas vérifier mon assertion; mais je trouve dans le sermon même que je
publie assez de preuves intrinsèques pour en rejeter l'authenticité.

Tout d'abord le titre présente une fausseté historique évidente, en mettant sur
le même pied Théophile d'Alexandrie et S1 Epiphane de Chypre comme ayant
souscrit tous deux la condamnation et la déposition de S' Jean Chrysostome. La
vérité est que Théophile d'Alexandrie, pour faire sa cour à l'impératrice Eudoxie,
et aussi pour satisfaire sa jalousie personnelle, fut l'âme de ce fameux conciliabule
du Chêne où fut déposé S1 Jean Chrysostome. Quant à S1 Épiphane, circonvenu
par les intrigues et les caresses du patriarche alexandrin et de ses adhérents, il
sembla d'abord faire cause commune avec eux; mais lorsqu'il vit le parti pris de
violer la justice de la manière la plus éhontée, il s'enfuit à Salamine, son évêché,
avant la fin du conciliabule et la déposition du grand évêque de Constantinople.
Il est vrai que le titre étant l'œuvre du copiste, le sermon pourrait être authentique
malgré l'erreur du scribe prétentieux qui Ta copié; mais dans le discours lui-même
on trouve plusieurs passages qui ne permettent pas d'en attribuer la paternité à
S1 Cyrille.

Il est dit, en effet, dans le courant du discours que S1 Cyrille quittant Constan-
tinople pour se rendre à Ephèse présider le concile, laissa dans la ville capitale près
du roi l'archimandrite de Tabennîsi, Victor, qui était très agréable à Théodose
le Jeune. Or, les actes du concile d'Ephèse nous font connaître les noms des
chargés d'affaire de Cyrille près de 1"empereur : c'étaient deux de ses diacres et le
célèbre abbé Dalmace. On ne trouve point le nom de Victor parmi eux. Quand
après la déposition de Nestorius et la décision dogmatique du concile, on voulut
faire parvenir à l'empereur, malgré les fauteurs de Nestorius, la nouvelle de ce qui
s'était passé au concile, c'est à Dalmace que S1 Cyrille envoie le pauvre qui portait
cachées dans un bâton la décision et les lettres du concile; ce n'est point à Victor,
comme on devrait l'attendre d'après la phrase de notre sermon. De plus, on trouve
dans cette œuvre des faits qui surpassent et défient toute croyance, comme le pas-
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