Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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e. amélineau.

sage où l'on raconte que Schnoudi fut emporté sur un nuage de Constantinople à
son monastère et qu'il bénit le patriarche en passant au-dessus de sa barque. Une
vision où le vieil Anubis joue son antique rôle de psychopompe, une série de faits
extraordinaires, le réveil à la vie de Théophile après l'apparition de S* Jean Chryso-
stome et de S1 Épiphane qui viennent lui pardonner sa trahison, beaucoup d'autres
circonstances montrent encore que nous sommes en présence d'une œuvre apo-
cryphe; car je ne puis croire que S' Cyrille dont on connaît par ailleurs la haute
intelligence ait pu ajouter foi à de pareils faits. En outre, je ne puis admettre que
S1 Cyrille ait manqué de tact au point de se vanter en pleine chaire d'avoir été
intronisé archevêque d'Alexandrie avant qu'on n'eût enseveli Théophile; car pareille
hâte était formellement interdite par les canons et empêchait la validité de l'élection.
Pour toutes ces raisons, je rejette l'authenticité du sermon attribué à S1 Cyrille.

Cependant quiconque voudra lire attentivement ce sermon verra clairement par
certains détails qu'il n'a pu être fait que par un homme connaissant la ville d'Ale-
xandrie beaucoup plus grecque qu'égyptienne; car ce n'était que dans cette grande
ville qu'on pouvait voir les arts cultivés avec le degré de perfection auquel le discours
fait allusion. En outre, dans la première partie les pensées trahissent dans plus d'un
endroit la manière grecque. S'il faut le dire, je trouve que la première partie du
discours est éloquente, qu'elle est digne de S* Cyrille. Aussi je croirais assez volon-
tiers que l'auteur de notre morceau a pris un ou plusieurs passages des œuvres
de Sf Cyrille, peut-être une homélie entière qu'il a traduite en copte, et que ne
trouvant pas le morceau assez nourri de ces aliments d'édification dont les moines
étaient fort friands, il l'a agrémenté des jolis passages où sont racontées d'incroyables
visions ou de misérables billevesées. Je prie mes lecteurs de ne voir ici rien d'affir-
matif et de certain; ce n'est qu'une hypothèse de ma part, hypothèse qui pourrait
se trouver juste, mais que rien ne justifie jusqu'à présent.

Donc nulle valeur historique dans ce discours, nul fait certain sinon les faits que
suppose la narration et qui sont connus de tout le monde.

Le sermon attribué à S1 Cyrille a été signalé par Zoëga qui en donne quelques
extraits.1 M. Revillout l'a aussi connu : il en traduit plusieurs passages où l'on
trouve le nom de l'eunuque Sisinnios changé en celui de Jésinius, je ne sais sur

i. Zoëga, op. cit., p. 28—29.
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