Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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E. AMÉLINEAU.

à la Bibliothèque nationale un très précieux manuscrit1) sont d'accord à ce sujet;
Sévère indique même qu'on possédait, de son temps, dans le monastère de S1 Ma-
caire, à Schiet,2 la correspondance de Pierre Monge et d'Acace, correspondance
très compromettante pour ce dernier. Cette correspondance, je l'ai trouvée à Rome,
lors de ma dernière mission, dans un manuscrit copte rapporté d'Egypte par As-
semani et qui provient justement de ce monastère de S1 Macaire que Sévère nous
avait indiqué. Il me semble donc bon et utile de faire connaître cette nouvelle source
d'informations qui a l'immense avantage de faire corroborer l'opinion des papes
par celle de leurs plus ardents adversaires. Évidemment, on ne saurait prétendre
que, de deux côtés aussi opposés, on se fût entendu pour fausser l'histoire et trahir
la vérité. Ajoutons à cela le langage plus éloquent encore des faits, et de faits notoires
qui ne sont niés par personne, et nous arriverons à la conséquence forcée qu'Acace
était plutôt un trompeur audacieux qu'une dupe et une victime.»3

Ces paroles ne laissent aucun doute sur la pensée de l'auteur : M. Revillout
considère évidemment les Lettres d'Acace et de Pierre Monge comme un monu-
ment authentique. Je ne veux pas ici prendre parti pour ou contre ces historiens
gallicans dont parle M. Revillout, encore moins combattre ou appuyer le senti-
ment des papes de Rome; je me renfermerai dans la question même. Qu'Acace
ait été condamné comme monophysite par la cour de Rome, ce n'est un mystère
pour personne ; qu'il ait été regardé comme un des leurs par les monophysites
d'Egypte, il n'y a rien d'étonnant en cela, le premier fait étant avéré. Cependant
il ne suffirait pas aux yeux de l'historien qu'il y ait eu simultanément condamna-
tion à Rome et communion à Alexandrie, pour établir le monophysisme d'Acace;
car. quoique l'entente ait été impossible entre Rome et Alexandrie, comme le re-
marque fort bien M. Revillout, il suffirait, pour arriver au même résultat, que
Rome et Alexandrie aient trouvé chacune leur intérêt dans l'affirmation que le
patriarche de Constantinople était devenu monophysite, Rome pour le condamner,
Alexandrie pour se faire une gloire d'un pareil changement dans un de ses plus

1. Ce manuscrit est le 13g de l'ancien fonds arabe. J'ignore en quoi il est si précieux, car cet ou-
vrage se trouve dans toutes les bibliothèques d'Europe.

2. C'est-à-dire Scété ; le mot Schiet, ou plutôt Schiît, est le nom copte.

3. Revue des Questions historiques, ibid., p. 83—86. Les mots mis en italique l'ont été par M. Re-
villout.
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