Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

Seite: XXXIII
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1888bd1/0043
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
MONUMENTS, ETC.

XXXIII

sérieux adversaires. Quant à tous les chroniqueurs coptes qui sont d'accord à ce
sujet, et en particulier à Sévère d'Aschmouneïn, j'avoue que cette touchante union
ne me fait qu'une médiocre impression et n'emporte pas ma croyance et ma foi.
Tout d'abord de chroniqueurs, les coptes n'en ont guère : je ne connais pour ma
part que les vies de moines ou de patriarches dont la vie de Schnoudi peut passer
pour un type parfait, et j'ai montré, je montrerai plus loin encore qu'on ne peut
pas la regarder comme une chronique. L'historien des Patriarches, Sévère d'Asch-
mouneïn lui-même, quoique chroniqueur, ne mérite pas toujours une entière
créance, parce qu'il manque de critique, ce qui n'étonnera personne, j'espère,
dans un copte, et dans un copte vivant au milieu des Arabes. Ce Sévère, dans la
notice qu'il consacre à Pierre Monge, a parlé d'Acace et de sa conversion au mono-
physisme, et afin qu'on puisse le juger en connaissance de cause, je vais citer ce
qu'il dit de Pierre Monge. Voici ces paroles :

«Le Patriarche Pierre, qui est le vingt-septième de la liste. — Lorsque Timothée
(Élure) alla au Seigneur, le prêtre Pierre fut, par la volonté de Dieu, établi pa-
triarche dans la ville d'Alexandrie. Or l'empire romain qui s'obstinait alors à faire
mémoire du concile de Chalcédoine, était sans cesse bouleversé, parce qu'il n'était
pas assis sur le fondement du rocher immobile qui est Dieu le Verbe, Jésus-Christ.
C'est pourquoi Acace, patriarche de Constantinople, écrivit à Pierre, patriarche
d'Alexandrie, pour lui demander de le recevoir à sa communion, et cela dans de
nombreuses lettres qu'il lui fit tenir, en lui assurant qu'il repoussait les Chalcédo-
niens, nommés par lui hérétiques, ainsi que le tome plein de blasphèmes de Léon,
et toutes les doctrines de Nestorius. Pierre écrivit aussi une lettre pour s'assurer
de la sincérité de ses discours. Lorsque cette lettre parvint à Acace, il la reçut avec
une grande joie et la montra à qui le voulut parmi ceux qui professaient la foi
orthodoxe. Ensuite il écrivit ses synodiques et les envoya au bien-heureux Pierre.
Or il y avait quelques évêques qui n'étaient pas présents lorsque fut écrite la cor-
respondance des deux patriarches Pierre et Acace, et Satan, l'ennemi de Dieu,
souffla dans le cœur de ces évêques une mauvaise pensée. Les principaux étaient
Jacob évêque de Sais, et Mennas évêque de Minia Tama. Ils se rendirent à la ville
d'Alexandrie et dirent au patriarche : Comment as-tu reçu Acace à ta communion,
Acace, un fauteur du concile de Chalcédoine? Il répondit doucement : Je l'ai reçu
à pénitence de cette erreur. Et il leur apprit ce qui lui était arrivé en fait de mes-
loading ...