Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

Seite: XXXVI
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1888bd1/0046
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
XXXVI

E. AMÉLINEAU.

avec lui. Cette perspective d'entrer en jugement avec le Seigneur trouble encore
plus le malheureux Pierre Monge qui se décide à rendre le bien pour le mal, tout
en faisant bien remarquer à Acace que, pour lui, anathématiser le concile de Chal-
cédoine, c'est anathématiser ses prédécesseurs, c'est s'anathématiser lui-même.
Acace répond que les conséquences de son anathème ne lui ont pas échappé, et il
s'anathématise; il est prêt à se déposer lui-même avec ses évêques. Mais est-il con-
venable et opportun que Pierre soit aussi intraitable? ne craint-il pas les schismes
et les soulèvements du peuple? Aaron a péché aussi, et cependant Moyse ne l'a
pas exclu du sacerdoce? Et Acace redouble ses anathèmes, ses supplications. Il
s'écrie : «J'ai péché, Seigneur, j'ai péché, pardonne-moi, car je suis un pécheur.»
Pierre Monge se rend enfin, ou plutôt il consent à se rendre, si c'est la volonté de
Dieu. Pour connaître cette volonté, les deux évêques devront se livrer simultané-
ment à un jeûne sévère de quarante jours, ne voir personne, ne boire ni vin ni
boisson fermentée, ne point s'oindre d'huile. Au bout des quarante jours, Dieu
devait enseigner ce qu'il y avait à faire et envoyer une vision aux deux pénitents.
Acace se soumit à ces conditions, il jeûna les quarante jours et en informa Pierre
Monge, lui recommandant d'envoyer à Constantinople des moines du désert et
des citoyens d'Alexandrie supplier l'empereur Zénon de faire l'union des Églises
en rejetant le concile de Chalcédoine. Lui-même, Acace, se rendra au palais et per-
suadera le cœur de l'empereur. Pierre Monge fit ce que lui demandait Acace, il
envoya des moines à l'empereur et en informa l'archevêque de Constantinople
dans une lettre où il lui apprend, qu'après avoir jeûné les quarante jours, il a reçu
de Dieu ordre de l'accueillir, et que, conformément à cet ordre, il le recevait à sa
communion, lui pardonnait et le regardait comme archevêque. Acace tint sa pa-
role, fit rendre à Zénon le célèbre décret d'union connu sous le nom d'Hénotique,
le confia à l'augustal Pergame qui le porta en Egypte pour le faire souscrire à Pierre
Monge. Celui-ci examina le décret, le trouva conforme aux conciles de Nicée, de
Constantinople et d'Ephèse, le souscrivit et fut rétabli sur son siège le vendredi,
dix-neuvième jour du mois de Paschons. Il se hâta d'informer Acace de tous ces
événements. Acace, heureux de ces nouvelles, envoie le témoignage de sa joie à
l'archevêque Pierre et lui apprend que Dieu a bien voulu, le dimanche, cinquième
jour du mois de Payni, lui confirmer dans une vision son pardon et son absolution.
Le même jour et à la même heure, Pierre Monge, ainsi qu'il l'écrit à Acace, avait
loading ...