Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

XXXVII

la même vision, et il finit sa correspondance par une sorte de symbole et par des
souhaits chaleureux afin que tous deux ils soient dignes d'entrer au Paradis par la
grâce, la miséricorde et l'amour de notre Seigneur Jésus le Christ.

Voilà fidèlement analysée la correspondance de Pierre Monge et d'Acace, avec
tous les faits qu'elle renferme. Si maintenant j'interroge les historiens grecs, je me
trouve en présence d'événements fort différents que je dois exposer.

Le patriarche de Constantinople, Acace, avait été choisi comme légat par le pape
Simplicius. A cette époque, l'église d'Orient et surtout l'Egypte étaient dans le plus
grand trouble et le plus grand désordre. Après la déposition de Dioscore, on avait
élevé le diacre Protérius à l'archiépiscopat; mais lorsque Dioscore fut mort dans
son exil, ses partisans d'Alexandrie lui choisirent pour successeur le diacre Timo-
thée, surnommé Élure, en l'année 4D7. Ce Timothée qui était prêtre avant d'être
nommé subrepticement évêque, excita dans la ville d'Alexandrie une horrible sédi-
tion pendant laquelle Protérius, réfugié dans son église, fut mis à mort dans le
baptistère même. On célébrait alors les fêtes de Pâques. La populace d'Alexandrie,
célèbre par sa turbulence et sa cruauté, mit le corps de l'archevêque en pièces, le
promena par les rues, le donna en pâture aux oiseaux et aux chiens. Quelques
fanatiques ne reculèrent pas devant des actes de cannibalisme et dévorèrent les en-
trailles du malheureux Protérius. Si l'empereur Marcien eût alors vécu, la crainte
de son nom eût contenu les séditieux; mais la nouvelle de sa mort avait été offi-
ciellement annoncée et avait été la première occasion des troubles. Denys, le général
gouverneur de l'Egypte, était alors occupé dans la Haute-Egypte, sans doute à ré-
primer quelque invasion. Il revenait en grande hâte à la nouvelle des troubles de
la ville. Il arriva trop tard, ou peut-être s'il était déjà de retour à Alexandrie avant
la Pâque, son autorité fut impuissante à maintenir l'ordre. Une députation d'Ale-
xandrins catholiques se rendit près de l'empereur Léon pour le prier de punir ces
atrocités. L'empereur envoya un commissaire spécial, nommé Stilos, et Timothée
Élure fut exilé. Il resta dix-huit ans dans son exil. A la place de Protérius on or-
donna un autre évêque portant aussi le nom de Timothée et surnommé Solofaciole.
Presque à la même époque, en 488, Anatolius, le patriarche de Constantinople qui
avait assisté au concile de Chalcédoine, mourait et était remplacé par Gennadius
qui devait occuper son siège jusqu'en l'année 471. Son successeur fut Acace.
Trois ans plus tard, 474, l'empereur Léon mourut, ayant désigné comme son suc-
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