Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

Seite: XXXVIII
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1888bd1/0048
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
XXXVIII

E. AMÉLINEAU.

cesseur son petit-fils Léon le Jeune, né de l'Isaurien Zénon et d'Ariadne. La môme
année réunit dans le tombeau l'aïeul et le petit-fils : Zénon resta seul maître de
l'empire d'Orient. Deux ans après, Zénon, après avoir étonné le monde grec par
ses débauches et être devenu odieux à l'impératrice Vérine, veuve de Léon, fut
obligé de s'enfuir, laissant Vérine lui donner Basilisque comme successeur. On
était alors en l'année 476. La ville d'Alexandrie, pendant le laps de temps qui
s'était écoulé entre l'exil de Timothée Elure et l'avènement de Basilisque, avait
joui d'un calme relatif sous le pontificat de Timothée Solofaciole. Cependant la
fraction eutvchienne n'avait pas désarmé, et toute la douceur de caractère du nou-
veau patriarche ne réussit qu'à lui attirer la sympathie, mais non à ramener à sa
croyance la partie dissidente de son troupeau. A l'avènement de Basilisque, une
députation d'Alexandrins schismatiques se rendit près du nouvel empereur et ob-
tint le rappel de Timothée Elure qui revint en triomphe à Constantinople. Pendant
ce temps-là, les schismatiques d'Alexandrie, voyant la fortune leur revenir, chas-
sèrent Solofaciole qui se retira dans le monastère de Canope. A Constantinople,
Timothée Elure, faisant acte de suprême juridiction sur l'Eglise d'Orient, rendait
à la ville d'Ephèse la dignité patriarcale dont l'avait dépouillée le concile de Chalcé-
doine, y rétablissait l'évèque Paul qu'on en avait chassé, anathématisait le concile
de Chalcédoine, forçant tous ceux qui l'abordaient de l'imiter, puis se rendait à
Alexandrie. Avant de quitter Constantinople, il avait amené l'empereur Basilisque
à écrire une lettre encyclique pour terminer cette éternelle question du concile de
Chalcédoine. L'empereur, avec cette habileté étonnante qui caractérise les césars
grecs de cette époque, ne trouva rien de mieux pour ramener l'union dans les
églises et dans les cœurs, que d'anathématiser aussi le célèbre concile et d'imposer
à tous son anathème. Cinq cents évêques se trouvèrent qui accueillirent la lettre
impériale, comme le salut, et la souscrivirent : ils devaient plus tard se rétracter
et plaider l'intimidation pour obtenir leur pardon.

Pendant que tous ces événements se passaient, ni l'empereur, ni Timothée Elure,
ni les évêques en général ne semblent avoir pris garde à un personnage qui se
tenait à l'écart et les surveillait d'un œil jaloux. Ce personnage était Acace, l'arche-
vêque de la ville impériale. Lui qui ne croyait être au-dessous du Pape de Rome
que pour une cause relative et uniquement parce que la nouvelle Rome était posté-
rieure à la première, il se sentit profondément froissé de voir que le patriarche
loading ...