Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

XXXIX

d'Alexandrie s'arrogeait, en sa présence même, une autorité suprême sur tout
l'Orient, alors que le concile de Chalcédoine avait élevé le siège de Constantinople
au dessus de tous les autres, celui de Rome excepté. La publication de la lettre
encyclique, pour laquelle on ne l'avait pas consulté, augmenta encore son mécon-
tentement. Soit que réellement sa foi fut alors ce qu'on nommait orthodoxe, soit
que la peur ou l'ambition contrariée l'aient porté à dissimuler momentanément ses
véritables sentiments, comme l'en accuse Théophane,' il se fit le champion de
l'orthodoxie. Ayant vu la tournure que prenaient les événements politiques et
demeuré sans doute fidèle à Zénon, il fomenta une sédition contre Basilisque, le
traita d'hérétique et ameuta le clergé et les moines. Basilisque effrayé quitta la ville,
et bientôt après retira en partie sa première encyclique en en publiant une seconde
où il donnait satisfaction au patriarche Acace. Deux ans s'étaient déjà écoulés dans
ces divisions intestines et ces troubles religieux, lorsque Zénon reparut sur la scène
politique et reconquit son trône sur Basilisque. L'un des premiers actes de Zénon
fut d'annuler tous ceux de son prédécesseur. Le contre-coup de ces événements se
fit naturellement sentir à Alexandrie : le parti schismatique tomba et laissa la place
une autre fois encore au parti catholique. L'empereur était résolu à exiler de nou-
veau le vieux Timothée Elure, mais il le laissa mourir dans la ville d'Alexandrie,
se contentant de rappeler Solofaciole. A la mort de Timothée Elure, croyait-il, le
schisme s'éteindrait de lui-même. Il avait compté sans la ténacité des Orientaux.
A peine Timothée Elure fut-il mort, qu'on lui donna un successeur qui fut Pierre
Monge. Zénon, très irrité de ce contre-temps, ne parla de rien moins que de mettre
à mort le nouvel élu, et, s'il faut ajouter foi à Nicéphore, il aurait même puni de
la peine capitale les évêques consécrateurs de Pierre Monge.2 Mais les choses n'al-
lèrent point, sans doute, jusqu'à cette extrémité, et certaines influences agirent si
bien près de l'empereur que l'archevêque schismatique put se borner à se cacher
et attendre des temps meilleurs. Son attente ne devait pas être trop longue.

Pendant ce temps-là, le pape Simplieius suivait d'un œil attentif le cours des
événements en Orient. Ayant vu la conduite d'Acace sous le règne éphémère de
Basilisque, il crut avoir trouvé en lui l'homme que demandait la situation. Il le

1. N'ayant ici que la seule chronique d'Evagrius, je suis obligé de citer cet auteur d'après la note c,
col. 2609 du tome LXXXVI de la Patrologie grecque de Migne.

2. Migne, Patrologie grecque, col. 261 5, n. 81.
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