Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

XLI

d'abord remercier l'empereur au nom de Timothée Solofaciole, et en second lieu
obtenir de l'empereur, qui s'était réservé le droit de nommer l'évêque d'une ville
aussi turbulente qu'Alexandrie, la promesse de ne reconnaître pour patriarche qu'un
catholique, c'est-à-dire un partisan du concile de Chalcédoine, ou de laisser aux
Alexandrins, qui se passaient d'ailleurs de la permission impériale, le libre choix
de leur archevêque. Sans doute il ne cacha pas assez son jeu, on vit clair dans ses
menées, et l'empereur lui-même, au rapport d'Evagrius, surprit ses calculs ambi-
tieux. Il obtint cependant de Zénon que l'élection du futur patriarche serait laissée
à l'Église d'Alexandrie; mais il dut signer une renonciation à poser sa candidature.
Cette signature lui coûta sans doute fort peu, espérant bien se faire élire d'abord
et forcer la main à l'empereur ensuite. Lui aussi avait compté sans Acace. Soit
que le patriarche eût vu dans Jean Talaïa un homme peu disposé à se laisser con-
duire, «soit qu'il eût été blessé par quelques-uns des actes de l'envoyé alexandrin,
il conçut pour lui une très forte antipathie qui devait bientôt se faire jour et amener
un schisme regrettable.

Cependant les faits semblèrent d'abord donner raison aux calculs de Jean Talaïa.
Peu de temps après son retour de Constantinople,1 Jean vit mourir Timothée Solo-
faciole et il fut élu pour lui succéder. Le nouvel élu fit immédiatement part de son
élection au pape Simplicius et à l'archevêque d'Antioche Calendion. Quant à l'em-
pereur afin de le préparer, il se décida à ne lui faire connaître son élection que par
l'entremise de Hillus, le maître des requêtes, dont ses largesses lui avaient fait un
ami et un protecteur. Il négligea complètement Acace. Malheureusement un dé-
placement de Hillus déjoua tous les calculs de Talaïa; l'empereur apprit son élec-
tion par une autre voie, ainsi que l'archevêque Acace. Il n'est pas téméraire de dire
que le jaloux Acace excita Zénon à ne pas accepter l'élection, malgré la liberté
laissée au clergé alexandrin. L'empereur refusa de reconnaître Jean Talaïa comme
patriarche et ordonna de le chasser d'Alexandrie. L'abréviateur Liberatus accuse
formellement Acace d'avoir conseillé et fait adopter cette conduite à Zénon.2 Peut-

1. M. Revit.t.out (loc. cit., p. g5 et 100) parle de deux voyages et de deux missions de Jean Talaïa
à Constantinople. Je ne vois rien qui puisse justifier ces deux voyages dans le texte d'Evagrius auquel
renvoie M. Reviixout. Il est vrai qu'il cite aussi les Gesta de nomine Acacii : ne les ayant pas je ne peux
contrôler. En tout cas, s'il y a erreur de ma part, elle ne peut qu'être minime.

2. Cf. Pair, grœc, tome LXXXVI, col. 2620, n. 87.

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