Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

Seite: XLII
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1888bd1/0052
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
XLII

E. AMÉLINEAU.

être d'ailleurs Acace était-il déjà en rapport avec Pierre Monge. On était alors en
l'année 481, et l'année suivante, 482, Zénon publia son célèbre Hénotique, adressé
à TÉgypte, à la Lybie et à la Pentapole pour y rétablir l'union. Sans aucun doute
Acace dut avant la promulgation de ce décret entretenir une correspondance ou
des relations avec Pierre Monge alors en Egypte : il y a tout lieu de croire que
l'Hénotique n'a été fait que pour placer Pierre Monge sur le trône patriarcal de
S' Marc, et par conséquence les deux acteurs de cette triste histoire durent avoir
pris leurs précautions et s'être entendus probablement entre eux sur les principales
idées que devait contenir le décret d'union. Aussi dès son apparition, Acace le fit
tenir à Pierre Monge qui le signa et qui fut reconnu par l'empereur comme pa-
triarche unique et légitime de l'Église d'Alexandrie.1

d'elle est l'histoire de l'Hénotique et celle des événements qui l'ont amené et
précédé. On voit qu'il y a une certaine différence entre la version égyptienne et la
version grecque des mêmes faits. Cependant, on peut encore répondre que sans
doute il y a certaines contradictions entre les deux récits, mais que ces contra-
dictions sont plus apparentes que réelles, car les auteurs grecs passent sous silence
le récit des négociations entre Acace et Pierre Monge, tandis que l'ouvrage copte
dans les lettres citées nous fait l'historique de ces négociations. A la rigueur, on
pourrait le soutenir; mais la suite des rapports qui se continuèrent entre Acace et
Pierre Monge montrera qu'il n'en peut être ainsi et que nous avons affaire à des
lettres complètement apocryphes.

En effet, si l'Hénotique de Zénon avait été rédigé, sans doute par Acace, de
manière à ne pas condamner ouvertement le concile de Chalcédoine et à proscrire
l'hérésie d'Eutychès de telle sorte que Pierre Monge pût le souscrire sans renoncer
à ses idées, l'accord fait entre les deux archevêques dut contenir plusieures condi-
tions secrètes au sujet de la conduite que Pierre Monge tiendrait à l'égard des dis-
sidents d'Alexandrie. Pierre Monge dut envoyer ses lettres synodiques à Acace et
au pape Simplicius, recevoir à sa communion les sectateurs de l'ancien patriarche
Solofaciole et les adhérents de Jean Talaïa, se mettre en rapport avec tous les autres
evêques d'Orient. Il observa fidèlement ces conditions tout d'abord; mais devant
les obsessions d'un évêque et des moines de la Basse Egypte, devant une sédition

1. Tout ce récit se trouve dans Evagrius, lib. II et III. Cf. Pair, grœc, tome LXXXYI.
loading ...