Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

XLIII

qui éclata dans le Cœsareion, c'est-à-dire dans l'église hâtie sur l'emplacement où
s'était élevé autrefois le temple de César, il changea de sentiments, ou plutôt dé-
voila ceux qu'il n'avait jamais quittés, anathématisa le concile odieux et tous ceux
qui l'adoptaient. 11 effaça des diptyques les noms de Protérius et de Solofaciole,
rétablit ceux de Dioscore et de Timothée Elure, le meurtrier de Protérius, ex-
huma la dépouille mortelle de Solofaciole et la fit jeter hors de la ville.' Ces faits
furent bientôt connus d'Acace qui les reprocha à Pierre. Celui-ci, pour se défendre,
lui adressa une lettre qui nous a été conservée par Evagrius. Il y répond aux dif-
férents reproches qui lui ont été adressés par Acace, après avoir tout d'abord prié
Dieu de récompenser l'archevêque de Constantinople de tout le zèle que celui-ci
a déployé, de toutes les souffrances qu'il a endurées pour établir fortement la vraie
foi et ramener l'union dans l'Église. Ne lui a-t-il pas persuadé à lui-même, Pierre
Monge, que le très saint et œcuménique concile qui a été réuni à Chalcédoine n'a
rien fait contre la foi et que les décisions en sont conformes aux décrets des con-
ciles antérieurs? Pierre Monge sait que des moines, ses ennemis, l'ont accusé de
plusieurs crimes près d'Acace. En premier lieu on dit qu'il a fait une translation
de la dépouille du bienheureux Timothée : s'il avait agi de la sorte, il eût commis
une action qui ne serait ni agréable à Dieu, ni conforme aux lois. En second lieu,
comment aurait-il pu anathématiser le concile de Chalcédoine, lui qui l'a reçu?
Acace ne peut ignorer la légèreté d'esprit de tous ces moines qui ne cherchent
qu'à semer la zizanie, et qui ne cessent de courir le monde pour le décrier et trou-
bler la paix de l'Église. Aussi, il ne doute pas le moins du monde qu'Acace n'em-
ploie ses bons offices près de l'empereur pour faire en sorte que le gouvernement
impérial prenne les moyens les plus propres à maintenir la paix au sein de la com-
munauté chrétienne.2

Evagrius cite cette lettre comme ayant été écrite après le rétablissement de Pierre
Monge sur le siège d'Alexandrie. On voit donc dès lors qu'au lieu de pardonner,
Pierre Monge avait dû lui-même demander pardon; qu'au lieu d'imposer des con-
ditions, il avait dû en accepter; qu'au lieu d'anathématiser le concile de Chalcédoine,
il avait dû le recevoir et le reconnaître comme orthodoxe. Dès lors que deviennent
les affirmations contenues dans les Lettres coptes? Et maintenant qu'on lise la tra-

1. Patr. grcec, col. 2631, 11. 6.

2. Evagrius, lib. III, cap. XVII. Ibid., col. 2629.

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