Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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LVIII

E. AMÉLINEAU.

se rendre à la Mecque, et la Mecque était en la possession d'Abd-allah ibn Zobéir.
Pour éloigner de son rival ses sujets les plus fervents, Abd-el-Melek conçut le projet
de choisir une autre ville comme but du pèlerinage saint, et il choisit Jérusalem
nommée d'abord ville sainte par Mahomet et dépouillée ensuite de sa prérogative
religieuse au profit de la Mecque. Le khalife y fit reconstruire la célèbre mosquée
d'El-Aksa et son projet réussit. Les pèlerins de ses états cessèrent d'aller à la
Mecque et se rendirent à Jérusalem, jusqu'au moment où la mort d'Abdallah, qui
avait vu toutes ses provinces conquises par son rival, laissa Abd-el-Melek seul
possesseur de la dignité de khalife, rendit inutile le double but du pèlerinage et
finit le schisme musulman. Ces événements arrivèrent en l'année 690 de notre ère.
Or. notre auteur connaît ce schisme quoiqu'il confonde une mosquée avec le
temple de Jérusalem; il vivait donc à cette époque, et puisqu'il ne mentionne pas
la fin du schisme, il nous est parfaitement permis de croire qu'il écrivait avant
l'année 690 et après l'année 685. C'est donc dans l'intervalle que le passage cité
a été écrit. C'est donc sur un manuscrit copte écrit à cette époque que la traduction
arabe a été faite.1

Ce n'est pas la seule conclusion que je puisse tirer de la longue citation qui pré-
cède, car elle nous laisse aussi apercevoir la manière dont Visa a fait son discours
et dont les copistes l'ont allongé. Je crois, en effet, reconnaître d'après ce morceau
et ce qui le suit que notre Visa, lorsqu'il mit son récit par écrit, ne l'écrivit pas
tel qu'il l'avait prononcé, mais qu'il puisa dans les œuvres de Schnoudi pour orner
son panégyrique. Le morceau que j'ai cité était, en effet, célèbre dans les œuvres
du grand archimandrite, car je crois que nous y trouvons une partie de ce célèbre
sermon sur la mort qui, au dire de son panégyriste, faisait pleurer tous les audi-
teurs et qui parvint jusqu'à Rome où l'apôtre Pierre rouvrit les yeux à la lumière,
prit le livre où se trouvait l'œuvre de Schnoudi et loua beaucoup fauteur. Évi-
demment on ne peut prendre au sérieux cette légende avec les détails qui l'accom-
pagnent; mais elle prouve du moins que, parmi les œuvres de Schnoudi, ce mor-
ceau était célèbre entre les célèbres. Je crois aussi que le commencement du pané-

[. Il va sans dire que je n'ai pas la prétention d'affirmer ici que le traducteur arabe s'est servi du
manuscrit où pour la première fois a été insérée la mention des événements dont je viens de parler;
mais il s'est servi de ce manuscrit ou d'un autre de même famille, la rédaction étant arrêtée dès la fin
du septième siècle, c'est-à-dire deux cents ans après la mort de Schnoudi.
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