Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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MONUMENTS, ETC.

LXXXI

les plus surnaturellement épiques. Je ne regarde pas le panégyrique arabe comme
une traduction exacte de l'œuvre authentique de Visa. Selon la manière accou-
tumée des auteurs coptes, l'œuvre authentique de Visa a subi des retouches et des
changements : quand, où et comment, il n'est guère possible de l'indiquer toujours
avec certitude. Cependant en certains passages il est possible de le faire : par
exemple, lors de la première expédition des gouverneurs grecs contre les Blem-
myes, ni le document copte ni le panégyrique conservé en arabe ne nous donnent
le nom du général commandant l'expédition, c'est-à-dire du gouverneur de la
Haute-Égypte, ou peut-être du préfet augustal d'Alexandrie. Ce nom, le fragment
thébain publié par M. Bouriant1 nous l'a conservé, c'est celui de Héraclius. Ces
divergences sont le fruit de la manie littéraire des copistes, ils ne doivent soulever
aucune objection contre la valeur historique des divers récits. Si c'était la seule
divergence que l'on trouve entre les documents coptes et le document arabe, elle
ne donnerait pas lieu à de grandes difficultés; malheureusement il y en a une plus
grave et qui vaut la peine d'être discutée tout au long, car selon qu'on adopte la
leçon de tel ou tel document, on doit abréger ou prolonger la durée de la vie de
Schnoudi et fixer l'époque de sa mort en q51 ou en 460. Je crois que c'est ici le
lieu d'élucider cette importante question et de donner à la discussion du problème
tous les développements qu'elle comporte.

Le problème a été résolu en partie double. D'un côté M. Quatremère s'exprime
ainsi : «Étant devenu vieux, il (Schnoudi) remit à son disciple Visa la conduite
de son monastère. Il mourut âgé de cent dix-huit ans vers l'époque de la tenue
du concile de Chalcédoine. Si l'on s'en rapportait au témoignage de Dioscore,
Schnoudi aurait été un des adhérents de ce patriarche et de l'hérésie des mono-
physites; et ce fait, s'il était prouvé, servirait à expliquer pourquoi les écrivains
grecs et latins, qui ont célébré les solitaires d'Egypte, ont gardé, sur ce qui concerne
Schnoudi, le silence le plus absolu. Mais il me semble que l'autorité de Dioscore
n'est pas suffisante pour décider la question. On peut supposer que ce patriarche,
qui, dans l'Éloge de l'évêque Macaire, avance quelques faits évidemment faux, a
voulu faire croire qu'il comptait parmi ses partisans un solitaire dont le nom était
en vénération dans toute l'Egypte. Si Schnoudi avait été réellement un des adver-

1. Recueil de trav. relat. à la phil. et à Tarch. égypt. et assyr.,. Cf. n° 5 des fragments publics
plus loin.

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