Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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LXXXII

E. AMÉLINEAU.

saires du concile de Chalcédoine7 son disciple, qui a rapporté ses actions dans le
plus grand détail, eût-il manqué de remarquer un fait aussi important? Je serais
porté à croire que Schnoudi mourut pendant la tenue du concile, et qu'il ne vit
pas les disputes qui en furent la suite. Le silence des écrivains grecs et latins s'ex-
pliquerait facilement. En effet, le monophysisme ayant séparé l'Egypte du reste
de l'église, il dut être presque impossible aux écrivains ecclésiastiques de s'assurer
si un solitaire, retiré dans le fond de la Thébaïde, était mort orthodoxe. Et l'on
aima mieux omettre son nom que de s'exposer à placer parmi les saints un homme
qui eût adhéré à l'hérésie.»1

On voit avec quelle conscience, quelle timidité un savant comme Quatremère
exposait ses doutes et son sentiment. Après lui, M. Revillout a résolu la question
dans un sens tout différent. «Schnoudi, dit-il, avait alors (à l'époque de la réunion
du concile de Chalcédoine) cent neuf ans, et, en effet, nous savons d'autre part,
qu'il fut un des plus chaudes partisans de Dioscore, après la condamnation de ce
patriarche, qu'il écrivit plusieurs fois à son successeur Timothée Elure et qu'il
mourut sous le patriarchat de ce dernier à l'âge de cent dix-huit ans.»2 Ce que
M. Revillout écrivait dès l'époque où il publia son Mémoire sur les Blemmyes, il
a continué de l'écrire avec plus de certitude encore dans les Origines du schisme
égyptien : «Quant à Schnoudi, écrit-il, s'il nous fallait de nouvelles preuves après
toutes celles que nous avons données pour montrer qu'il survécut à son ami Jean
de Lycopole et au concile de Chalcédoine, nous citerions les lettres qu'il adressa
à Timothée, successeur monophysite de Dioscore sur le siège d'Alexandrie.»3 Et
M. Revillout cite les deux lettres que je citerai bientôt aussi, car elles sont d'une
grande importance pour la solution du problème qui nous occupe.

Les deux auteurs que je viens de citer ne peuvent être plus opposés l'un à l'autre :
le premier croit à l'orthodoxie de Schnoudi et pense qu'il ne vécut pas après le
concile de Chalcédoine, c'est-à-dire après l'an q5 1 ; le second sait pertinemment
que Schnoudi fut l'un des plus ardents partisans de Dioscore et qu'il mourut sous
le patriarchat de Timothée Elure : tous les deux admettent cependant que Schnoudi
mourut âgé de cent dix-huit ans. J'avais cru d'abord que le panégyrique arabe me

1. Quatremère, Mémoires géographiques sur l'Egypte, etc., p. 19, tom. I.

2. Revillout, Mémoire sur les Blemmyes, p. 48 et seqq.

V Revue de l'hist. des relig., tome VIII, 4'' année, n° 5, p. 576.
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