Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

Seite: LXXXVII
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1888bd1/0097
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
MONUMENTS, ETC.

LXXXVII

Schnoudi de la mort d'apa Bgoul et de sa propre élection comme remplaçant
d'apa Bgoul. Mais ce n'est là qu'une simple conjecture que je ne peux affirmer,
n'ayant pas de preuves positives.

Des deux arguments sur lesquels se base M. Revillout pour avancer que
Schnoudi survécut au concile de Chalcédoine, on le voit, pas un seul n'offre assez
de solidité pour que nous puissions y adhérer. La question reste donc tout entière,
et nous n'avons pour la résoudre que les deux textes contradictoires copte et arabe.
Le texte copte a en sa faveur qu'il est double et qu'on le trouve dans l'abrégé
memphitique et dans un fragment thébain; mais on peut objecter que ce chiffre
de cent dix-huit ans vient peut-être de la préoccupation de l'auteur de donner à
Schnoudi la longévité de Moïse. Mais alors pourquoi ne le ferait-il pas mourir
à cent vingt ans au lieu de cent dix-huit ans? pourquoi lui retranche-t-il deux
années? D'un autre côté le texte arabe avec sa version de cent neuf ans semble
en parfaite concordance avec Y Eloge de Macaire de Tkôou dont l'auteur attribue
cent neuf ans de vie à Schnoudi à l'époque de la convocation et de la tenue du
concile de Chalcédoine. Mais aussi on peut objecter au traducteur arabe ou à l'au-
teur sur laquelle il a fait sa traduction de n'avoir écrit cent neuf ans que pour
donner un chiffre rond de cent ans à la durée de la profession monacale de
Schnoudi. Or, je crois que cette objection est fondée. En effet, si le lecteur veut
bien se reporter à la fois au récit de la mort de Schnoudi dans la vie arabe, et au
récit du diacre Pinoution sur la destruction du temple de Kothos, il verra que les
deux récits sont identiques. Or, comme on ne trouve rien de semblable dans l'abrégé
memphitique ni dans le fragment thébain où l'âge de cent dix-huit ans est attribué
à Schnoudi, j'en conclus que le traducteur ou l'auteur dont il s'est servi connaissait
un récit que l'auteur de YEloge de Macaire a copié et introduit dans son œuvre.
Mais en le traduisant ou en voulant l'expliquer, l'auteur du panégyrique arabe ne l'a
pas compris et a fait un contre-sens. En effet, on lit dans YEloge de Macaire : «J'ai
eu cette nuit une vision (c'est Schnoudi qui parle), le Seigneur était assis sur mon
lit me visitant. Je lui ai dit : Mon Seigneur et mon Dieu, ne peux-tu pas me donner
de la force maintenant comme autrefois? — Le Sauveur me dit : O Schnoudi,
vivras-tu encore après cette grande vie? tu es dans ta cent neuvième année depuis
que tu vis dans ce grand service.» Le mot que je traduis par service est le mot
grec h-oopyia, qui signifie emploi public, charge, ministère, service que l'on doit
loading ...