Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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LXXXVIII

E. AMÉLINEAU.

remplir : l'auteur copte s'en est servi parce qu'il s'est aperçu que ce mot lui fournis-
sait un double sens à la fois civil et religieux, il a joué sur le mot; mais son idée
est fort claire. L'auteur de la vie conservée en arabe ne l'a pas compris ainsi et il
a écrit : «Le Seigneur sauveur vint à lui, la nuit, et s'assit près de lui pour le con-
soler. Mon père lui dit : «O mon Maître et mon Dieu, ne peux-tu pas me rendre

vigoureux comme je l'étais auparavant, afin que j'aille au concile.....Alors le

Sauveur lui répondit avec des paroles douces et lui dit : O mon élu Schnoudi,
veux-tu vivre encore à l'âge où tu es arrivé? Tu as déjà vécu cent neuf ans et deux
mois depuis le jour de ta naissance jusqu'à ce jour, car tu as ceint la robe des Anges
alors que tu avais neuf ans, et tu as passé cent ans et deux mois dans la vie mona-
cale.» La suite du récit est identique dans les deux documents; s'il y a différence
dans ce que je viens de citer, je l'attribue à ce mot kroopyto. qui n'a pas été com-
pris. Par suite de cette inintelligence du mot, l'auteur a pris le chiffre de cent neuf
ans comme celui de la vie entière, il a retranché les neuf ans de l'enfance de
Schnoudi passée au village près de ses parents et il a trouvé cent ans juste : les
deux mois lui ont été fournis par la comparaison des dates de la naissance de
Schnoudi au mois de Pachons et de sa mort au mois d'Abib. Ou même s'il a bien
compris le mot Xt-oopyta, il Fa entendu du service de la vie entière, alors qu'il
fallait l'entendre du service de la vie monacale; car l'on ne peut pas dire que l'en-
fance de Schnoudi ait été une profession sainte publiquement avouée et connue,
comme l'est la profession monacale. En outre, le chiffre de neuf ans pour l'entrée
de Schnoudi dans la vie religieuse ne doit pas être arbitraire, puisqu'il se trouve
exact dans les deux calculs, et cette rencontre ne peut pas être fortuite. Schnoudi
est donc mort à l'âge de cent dix-huit ans en l'année même du concile de Chal-
cédoine, le 1er juillet 451Cette date explique l'affirmation de l'auteur monophy-
site, le récit arabe de la mort de Schnoudi et les paroles de l'auteur de Y Eloge de
Macaire faisant dire au Seigneur : «Tu es dans ta cent neuvième année depuis que

1. Cette conclusion se trouve parfaitement confirmée par un fragment de parchemin récemment
découvert et que j'ai acheté pour la Bibliothèque nationale de Paris. Ce fragment ne contient que deux
lignes, mais ces deux lignes disent expressément que les cent-neuf ans doivent s'entendre de la vie
monacale de Schnoudi. Je n'ai pas présentement le texte sous les yeux au moment où je corrige les
épreuves de mon travail, mais je suis sûr du fait. Je publierai d'ailleurs ce fragment et une foule
d'autres achetés en même temps.

(Bruxelles, 28 octobre 1886.)
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