Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 1): Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction — Paris, 1888

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E. AMÉLINEAU.

Dame sainte Marie, la pure mère de Dieu, devant laquelle se trouvait un bassin
rempli d'eau : elle y lava ses deux mains vénérables et les deux mains d'Ib-
sada le fellah; puis de cette eau elle arrosa toutes les plantes et tous les légumes,
disant de sa belle voix : «Croissez et multipliez-vous sans travail.» Alors elle prit
congé de lui et s'en alla au milieu d'une grande gloire. Le saint anba Schnoudi
fut sûr que le frère Ibsada le jardinier était un homme élu et que le Seigneur
était avec lui dans tout ce qu'il faisait.

Un jour on amena à mon père un homme malade, on l'approcha de lui, afin
qu'il priât pour cet (homme). Lorsque mon père eut vu le malade qui était tout
enflé et avait quatre-vingts ans, dont le corps était purulent, laissant couler de lui
une humeur fétide, ne pouvant à la fin retenir ses excréments,1 il entra à l'autel et
pria pour lui en disant : «O Seigneur qui habites éternellement le ciel et la terre,
regarde ce frère malade, aie pitié de lui comme tu le voudras, car c'est toi qui
guéris les hommes et c'est à toi qu'appartient la gloire éternellement. Amen.»
Et lorsqu'il eut fini ces paroles, il entendit du haut du ciel une voix qui lui disait :
«Sache, mon ami, qu'il est condamné à sortir du corps; interroge-le pour qu'il

i. Un autre texte dit : et son corps était relâché. C'est bien le même sens.
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