Amélineau, Emile  
La geographie de l'Egypte à l'époque copte — Paris, 1893

Seite: 547
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LA GÉOGRAPHIE DE L'ÉGYPTE. 547

L'un d'eux alla acheter du pain, un fromage cuit et un concombre : il Jes
apporta à l'endroit où étaient ses compagnons. Ils s'assirent pour manger (1>.
Puis, le repas fini, comme on est venu les avertir de se hâter, ils le condui-
sirent au milieu de foules innombrables « d'officiers, de cavaliers, de recrues,
de soldats de police, de juges, de fidèles musulmans, de hérauts, de der-
viches, de muezzins, de scheikhs célèbres, de négociants, de vendeurs,
d'Arabes, de Persans, de Nubiens, de Nègres, de Grecs, de Barbares, d'in-
digènes et d'étrangers, d'hommes et de femmes, de petits et de grands,
d'esclaves et d'hommes libres, en un mot toutes les nations de la terre se
trouvaient debout ce jour-là pour voir les barques et le roi, et surtout
parce qu'on avait entendu parler du martyr, soldat du Christ(2). » Il est clair
que l'auteur qui a ainsi dépeint la foule qui se trouvait dans les rues du
Caire, avait été habitué à y voir toutes les nations du globe représentées.
Mais ce fait n'intéresse pas beaucoup la topographie du Caire; ce qui est du
domaine de la topographie, c'est la détermination des lieux mentionnés
dans cette description.

Et tout d'abord, quel était l'endroit où le gouverneur général de l'Egypte
faisait rassembler les vaisseaux qu'il voulait envoyer à la guerre ? Ce lieu
était évidemment situé sur le Nil, et dans un endroit spacieux qui pouvait
contenir un assez grand nombre de bateaux. Je ne me tromperai pas beau-
coup, je crois, en disant que le gouverneur El-Kâmel devait se trouver près
de Boulaq, qui est encore actuellement le port du Caire. Or, pour aller de
la citadelle à Boulaq, ou aux environs de Boulaq, sur la rive dz'oite du
Nil, le chemin le plus court était de descendre de la citadelle et de passer à
travers les quartiers de ïouloun, d'El-Qataîah et de Fostât; mais quoique
le détenu eût pu traverser ainsi des quartiers très peuplés, il ne fût pas
passé par le Caire proprement dit, comme le fait expressément remarquer
le texte. Il dut donc descendre de la citadelle d'abord, prendre l'une des
rues qui allaient au nord de la ville, et vers le milieu de son trajet couper
vers l'ouest, afin de se rendre sur les bords du llcuve. C'est dans ce par-
cours qu'il rencontra le lieu où se rassemblent les artisans, c'est-à-dire un
marché quelconque, une sorte de bazar qui répondait alors à ce qu'on
nomme actuellement le Kb.an-Kb.alii. 11 est regrettable que le texte ne me
fournisse pas le moyen d'être plus précis.

<l) E. Amélineau, Un document copie du un' siècle, p. , .r>li. — (') //;»/., p. 5t, 58.

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