Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 2): Aux IVe, Ve, VIe et VIIe siècles: textes et traduction — Paris, 1895

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E. AMÉLINEAU

écriture différente, et, quoique par malheur la date ait été effacée dans les di-
verses phases de l'histoire de ce manuscrit, et qu'il soit complètement impos-
sible de la lire à l'heure actuelle, —j'ignore si elle ne pouvait pas se lire au
moment de l'achat de ces fragments, je serais même assez porté à croire qu'on
le pouvait, —cependant la particularité des événements qui sont relatés, per-
met parfaitement de dater approximativement le manuscrit dont je parle : il
y est en effet fait mention de l'arrivée des Perses en Égypte, de leurs vio-
lences et de leurs pillages. Or, comme on le sait, les Perses envahirent
l'Egypte dans les premières années du VIP siècle et en furent chassés par les
victoires d'Héraclius, en 625. Par conséquent la troisième note dont il est fait
ici mention, écrite peu de temps après cet événement, date de très peu de
temps après l'expulsion des Perses, et le manuscrit est tout au moins du
VIP siècle. Ce ne sera pas m'avcnturer bien loin, que de dire qu'on peut le
reporter à la fin du VIe siècle, et c'est la date la plus ancienne que nous pos-
sédions dans les manuscrits coptes. Aussi ce manuscrit se distingue-t-il par
une foule de détails qui importent peu ici, par sa belle écriture onciale et par
sa bonne orthographe presque constante des mots grecs employés dans le
texte. Au point de vue historique, il renferme, à peu de chose près, les évé-
nements connus par la vie arabe dePakhôme, mais la dernière partie du ma-
nuscrit copte est bien plus complète que la traduction arabe qui en fut faite
d'une manière fort abrégée.

Le fragment n° 14 provient encore de la Bibliothèque Nationale; il oc-
cupe dans le volume susdit le folio 67 et est paginé Ç1-^. Cette pagination
montre qu'il appartenait à un volume qui commençait ; mais cette particula-
rité est bien extraordinaire, vu que le plus souvent les scribes coptes laissaient
le premier feuillet vide; cependant on trouve des exemples où ce premier
feuillet n'était pas paginé, et il devait en être ainsi du volume auquel ce
feuillet appartenait. Il contient quelques mots sur Pétronius, le successeur
immédiat de Pakhôme, et il devait faire partie de la vie de Théodore après la
mort de Pakhôme.

Les deux fragments numérotés 15 et 16 ont déjà été publiés par Minga-
relli dans ses jEgyptiorum Codicum Relliquice Venetiis in bibliotheca Naniana
asservatœ1 ; ils font maintenant partie de la célèbre bibliothèque de Saint-
Marc. Ils se suivent évidemment, quoiqu'il manque un feuillet entre le pre-

1. Pages cxlix-cxcvii. et pages cxcviii à ccxvn.
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