Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 2): Aux IVe, Ve, VIe et VIIe siècles: textes et traduction — Paris, 1895

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E. AMÉLINEAU

point de ruse, comme pour Nathanaël dans l'Évangile selon saint Jean1. En
outre les fragments de ses discours, qui font partie de la grande vie de Pa-
khôme, montrent bien un homme sans grande instruction, sans la moindre
largeur d'idées, bonasse, clément, ne sachant point ce que c'est que la sévé-
rité et, par ces qualités mêmes, ou si l'on veut par ces défauts, peu propre à
gouverner des cénobites indociles. Mais cet esprit de douceur rentrait assez
bien dans les idées de Pakhôme pour que nous puissions comprendre que le
fondateur du cénobitisme l'ait eu en grande faveur et que Pétronios l'ait dé-
signé pour lui succéder après son court gouvernement. Je n'ai aucun doute
pour ma part que le schisme qui éclata sous Horsiîsi aurait éclaté également
sous le gouvernement de Pétronios, si la mort n'eût enlevé celui-ci. Ces deux
hommes n'étaient pas de taille à lutter contre le génie tortueux, rempli d'am-
bition et fanatique de Théodore : la manière dont celui-ci mena les opérations
pour arriver au généralat, comme on dit aujourd'hui, montre bien qu'il
avait de la volonté et pouvait exercer de l'autorité même sur ceux qui s'étaient
faits ses créatures. Or, si l'on examine les lettres que je publie ici, on n'y
trouvera pas l'ombre d'une seule idée géniale; ce ne sont que sentences tirées
de l'Écriture et cousues ensemble si grossièrement qu'on ne peut s'empêcher
de voir la suture, à moins d'être aveugle. De plus, l'examen des fragments de
discours attribués à Horsiîsi dans la vie de Pakhôme, démontre qu'ils sont
bien de la même manière. Tout concorde donc à faire attribuer à Horsiîsi la
paternité d'une œuvre que personne ne sera tenté de lui envier.

VI. — RÉCITS SUR LA VIE DE MARTYRIOS ET LES CÉNOBITES

Les deux fragments de ce paragraphe sont à la Bibliothèque Nationale,
où ils font partie du volume 12912 et occupent les fos 73 et 74. Il y est
question d'un certain Martyrios, archimandrite de Phebôou, sous le règne de
l'empereur Léon : il ne peut donc s'agir du Martyrios dont il est parlé dans
la vie de Schenoudi2. Le fait qui est raconté dans le premier de ces fragments
est l'un de ces faits impossibles dont les moines aimaient à conter le récit,
afin de s'entourer de gloriole et de rehausser l'établissement de leurs églises.

1. Jean, i, 47.

2. Voir la première partie de ce volume, p. 40 et 51, et les passages correspondants dans la vie arabe.
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