Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 2): Aux IVe, Ve, VIe et VIIe siècles: textes et traduction — Paris, 1895

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INTRODUCTION

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dont le nom ait autant éclaté que celui de saint Jean de Lycopie1 ». Enfin, dans
notre siècle, l'éditeur de la Patrologie grecque croit fermement que saint
Jean de Lycopolis était le même que Schenoudi\

On voit que Jean de Lycopolis est tout à fait un personnage en Occident,
tandis qu'en Orient et même en Egypte, il n'a été qu'un anachorète comme
les autres, peut-être un peu plus célèbre que certains autres pendant sa vie à
cause de la prison dans laquelle il s'était enfermé, mais moins célèbre aussi
que certains autres, car il n'a pas laissé de traces et à l'heure actuelle son nom
est complètement oublié. Non seulement on ne sait plus où était sa retraite,
mais encore son nom n'a jamais forcé l'entrée des écrits liturgiques. Seul, le
Synaxare, dans quelques exemplaires, en a conservé le souvenir, non pas au
27 mars comme dit le Martyrologe latin, mais au 21 Athor qui correspond
au 18 novembre. Je citerai d'ailleurs bientôt le résumé qu'il donne de sa vie.

Dans les passages que je publie ici, il y a deux sortes de documents ;
les uns rapportent presque textuellement ce qu'on lit dans Rufin ou dans
l'Histoire lausiaque; d'autres, au contraire, contiennent des récits que l'on
ne trouve pas dans l'Histoire lausiaque ou dans l'Histoire des Moines de
Rufin, notamment l'histoire du prétendu ordre que donna l'empereur
Théodose de détruire la ville de Siout à cause d'une sédition qui avait eu lieu,
ordre dont saint Jean de Lycopolis obtint le retrait, grâce aux miracles qu'il
fit en faveur du fils de l'officier chargé de détruire la ville, pour -se rendre
dans la chambre à coucher de l'empereur et revenir sur la montagne de Siout
en la même nuit. Comme cet épisode de sa vie est raconté dans le résumé du
Synaxare, je vais transcrire ici la notice que lui consacre cet ouvrage, afin
d'abord de faire connaître ce qu'on en pensait dans l'Eglise copte, et, en second
lieu, afin d'avoir le résumé des événements que je dois discuter : « Et de
nouveau en ce jour mourut le grand saint abou Jean dans la montagne
d'Asiout. Il était de cette ville et (né) de parents chrétiens. Il rechercha la
conduite vertueuse et aimante, se rendit à Scété, s'y fit moine et fit plusieurs
adorations. L'ange du Seigneur lui apparut et lui commanda de retourner
dans sa ville, d'habiter dans la montagne; et, lorsqu'il y fut revenu et qu'il
habita dans la montagne en face de la ville, il y demeura quelques jours, puis

1. Le Nain de Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, t. X, p. 9.

2. Patrol. greeca, t. XL. — Patres ALgyptii, col. 1287.

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