Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 2): Aux IVe, Ve, VIe et VIIe siècles: textes et traduction — Paris, 1895

Seite: 507
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1895bd2/0035
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
INTRODUCTION

507

XI. — VIE DE MATHIEU LE PAUVRE

Les documents que je publie sur ce personnage nous renseignent sur la
carrière presque entière de ce moine dont le couvent était à l'extrémité sud
de la Haute-Egypte. Par un grand hasard, ils se complètent les uns les
autres, sans que nous ayons à déplorer de trop grandes lacunes. Ils sont
tirés de la Bibliothèque Nationale de Paris, du Musée de Naples, de la
Bibliothèque de Saint-Marc à Venise et de la collection conservée actuelle-
ment à la Bibliothèque Bodléîenne d'Oxford. Zoéga avait déjà remarqué que
les fragments publiés par Mingarelli faisaient suite à ceux d'un manuscrit de
Naples1. Non seulement il y a suite des fragments, mais nous possédons
deux rédactions de quelques-unes des parties de cette Vie, et, comme le
lecteur sera à même d'en juger, les deux rédactions sont loin, bien loin
d'être semblables. L'auteur en est Sérapion, qui est aussi, lui, un témoin
oculaire de'ce qu'il raconte. Il dit avoir été de peu de génie, un « être nul »,
et certainement son œuvre ne lui donnera pas un démenti sonore. Il manque
absolument de souffle, quoiqu'on trouve dans son ouvrage des détails typiques
sur les mœurs égyptiennes à son époque. Quelle a été cette époque? Sans
doute le VIe siècle, on peut même dire à peu près certainement. Il est pos-
térieur au précédent qui, lui-même, n'était pas au monde à la mort de
Schenoudi, en 451.

Contrairement à ce qui a lieu pour Moyse, le Syna.varc nous a conservé
la biographie de Mathieu. Je la citerai ici tout entière, parce qu'elle contient
certains détails qui nous ont été ravis : « Et encore en ce jour mourut le saint,
le pieux, le spirituel anba Mathieu. Il était des habitants de Bischnây et on
l'attacha, comme moine, à l'église de la dame sainte connue sous le nom de
Magbabât. Il alla vers Esnèh, à Esfoun, et fit de nombreuses adorations et
de belles applications ; il ne dormait pas la nuit, ne se reposait pas le jour et
disait : « Malheur à nous en ce jour épouvantable dans lequel le Seigneur
s'assoira, et les livres seront ouverts et le compte de chacun sera présent
devant ses yeux depuis son enfance jusqu'alors2, et il sera récompensé de
toutes ses actions bonnes ou mauvaises. » O mes frères et mes amis, je vous

1. Zoéga, Cal. Cod. Copl.. p. ^-5-4-^39. nos CCXV et CCXV1.

2. C'est-à-dire jusqu'au moment où Ton comparait au tribunal de Dieu.

64
loading ...