Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 2): Aux IVe, Ve, VIe et VIIe siècles: textes et traduction — Paris, 1895

Seite: 519
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INTRODUCTION

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lui, il l'enchaîna avec une négresse de la même chaîne et le plaça dans le désert
à paître les chameaux, voulant le faire tomber dans le péché avec la négresse
ou le faire obéir à ses paroles, comme le lui avait conseillé Iblis. Et malgré
tout cela, le saint croissait en courage et en bravoure, et il ne cessa point d'être
ainsi jusqu'à ce que le fils de son maître devînt malade et lût sur le point de
mourir. Alors, il pria sur lui, le guérit, et sa réputation se répandit dans tout
ce pays : ceux qui étaient malades se rendaient à lui, il priait sur eux ou les
soignait avec de l'herbe et les guérissait. Son maître l'aima beaucoup, le pria
de lui pardonner et lui dit : « Je ferai ce que tu veux. » Et il demanda de
retourner vers son monastère; et son (maître) le renvoya avec des gardes
montés vers son monastère, il se réunit à ses enfants et ils se multiplièrent,
devinrent des milliers. Et lui apparut la Dame, mère de la lumière, et elle lui
dit : « Cet endroit est mon habitation pour toujours. » Les Barbares n'atta-
quèrent plus le monastère. 11 dit des œuvres nombreuses, des discours et des
prophéties au sujet de l'arrivée de ce peuple1. Et lorsque sa mort fut proche,
il réunit ses enfants, leur recommanda de s'affermir dans la religion de Dieu,
de suivre ses commandements (disant) : « Travaillez pour la foi droite jusqu'au
dernier soupir. » Et il mourut en paix, et il vit le Seigneur le Messie qu'il
aimait. Et l'on raconte de lui que l'un de ses enfants mourut, et lorsque le
saint anba Samuel alla vers lui, son âme revint à lui, il s'assit, lui parla,
ainsi qu'aux frères, de ce qu'il avait vu, des tourments des pécheurs, de la
mort des saints, et ce frère se recoucha2. Que les prières de ce père anba
Samuel nous protègent, nous sauvent de nos péchés, nous gardent contre nos
fautes et contre l'ennemi : Amen 3. »

Ce résumé ne pèche pas par trop de méthode et un grand nombre d'évé-
nements intéressants ont été passés sous silence. Makrizy4, dans sa petite notice
du Deir Qalamoun, y a suppléé, et surtout l'Arménien Abou Selah5. La Vie de
Samuel de Qalamoun vient d'être publiée entièrement par un savant portugais,

1. Il pourrait s'agir des Perses ; mais il s'agit sans le moindre doute des Arabes. Cette prophétie a été
conservée en Egypte, et les manuscrits arabes de la Bibliothèque Vationale en contiennent un triple
exemplaire.

2. C'est-à-dire : mourut. Cet épisode qui se retrouve parmi les fragments contenus ici n'est pas raconté
tout à fait de la même manière.

3. Synaxare, 8 Kihak.

4. Makrizy, Khitat, vol. II, chapitre des monastères.

5. Abou Selah, mss. ar. de la Bibl. Nat., n° 138, fol. 71-72. — Traduit par Quatremère, Mémoires
géogr. et hist. sur l'Egypte, tome I. p. 474-475.
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