Amélineau, Emile  
Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles: textes et traduction (Band 2): Aux IVe, Ve, VIe et VIIe siècles: textes et traduction — Paris, 1895

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E. AMÉLINEAU

plusieurs personnages qui peuvent mettre sur la trace de l'auteur de cette épître.
Tout d'abord, il est question du « très magnifique » Anastase qui avait soutenu
l'orthodoxiepourlaquelle ils'étaitmis en danger, de l'évèquede Chalcis, nommé
Isidore, d'un autre Isidore le Scholastique, qui avait été chargé d'annoncer
aux correspondants de l'auteur le lieu où celui-ci se trouvait, lieu qui avait été
changé pour des raisons inconnues, ainsi que l'auteur de la lettre l'annonce
sans dire où il se trouve. Il est aussi question d'un fonctionnaire impérial du
plus haut rang, nommé Mysônios, qui avait été envoyé en Isaurie pour lever
les impôts et s'approprier ce qu'il y trouverait de bon, entre autres choses
les vieilles étoffes, ce qui montre que la recherche des antiquités n'est pas
aussi nouvelle que nous pourrions le penser. Tous ces détails semblent bien
montrer que l'auteur de la lettre était un antichalcédonien en exil, que, si
ses œuvres se trouvaient en Egypte, il fallait qu'il eût une grande notoriété
dans ce pavs, et l'on ne conçoit pas que ce pût être un autre personnage que
l'archevêque d'Alexandrie, ou l'un de ses amis. La mention de l'Isaurie, des
personnages recommandés, montre que ce ne pouvait être un archevêque
d'Alexandrie, par exemple Timothée Elure qui serait dans les conditions
requises ; or, parmi tous les autres personnages de l'histoire religieuse à cette
époque, un seul réunit ce qu'il faut pour avoir pu écrire cette lettre : c'est le
patriarche d'Antioche Sévère, qui vécut sous les règnes d'Anastase et de Justin
l'Ancien1, dont l'arrivée en Egypte avait été commémorée par une fête qui
existe encore dans les calendriers des églises coptes, dont on avait écrit la vie
et dont les œuvres avaient été traduites en copte2. Maintenant, comment cette
lettre a-t-elle échappé à l'oubli? Faisait-elle partie d'une vie de moine ou de
personnage ecclésiastique, ou était-elle seulement partie intégrante des œuvres
de Sévère d'Antioche ? c'est ce que je ne me charge pas d'expliquer. Je la
donne telle que je l'ai trouvée. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'évèque de
Chalcis, sous le règne de Justin l'Ancien, était bien un Isidore3.

Les quinzième et seizième fragments ne contiennent que quelques lignes et
sont presque complètement inutilisables. Il en est tout autrement des deux
derniers. Ces deux fragments faisaient peut-être partie d'un môme ouvrage ;
le style est le même, ce que l'on observe facilement, grâce à certaines locutions

1. Cf. Chronique d'Évagrius, lib. III et IV, dans la Patrologie grecque de Aligne, vol. LXX.XVI b.

2. Synaxare copte au 2 Bâbah.

3. Le^uien, Oriens christianus, II. 488 b.
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