Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

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étranges de forme et de gravure. Je trouvai en outre d'autres
fragments avec des caractères grecs et je ne savais comment
les uns et les autres pouvaient se rencontrer ensemble. Ce
n'est que plus tard que la lumière se fit dans mon esprit. Je sus
en effet que des sépultures semblables avaient été trouvées
à Qeft par le très habile explorateur anglais, M. Flinders
Pétrie, mais qu'il n'avait trouvé aucune trace d'écriture. Dans
la dernière tombe de ce plateau, j'eus le bonheur de rencon-
trer une stèle dont le caractère archaïque était évident.

La seconde et la troisième butte étaient de très petites di-
mensions et très peu éloignées l'une de l'autre. Très peu
élevées, elles ne semblaient devoir exiger qu'un très court
espace de temps; mais les tombeaux qu'elles recouvraient, au
lieu d'être petits, étaient très vastes et demandèrent un temps
considérable. Tout y était ravagé;, détruit avec la plus rare
fureur, et quand les moyens ordinaires de ravage n'avaient
pas paru suffisants on avait employé le feu. Les auteurs de ces
crimes abominables avaient même trouvé le moyen de signer
leur œuvre : sur des fragments de vases d'albâtre ils avaient
dessiné au charbon des caractères coptes et l'un d'entre eux
avait écrit son nom tout entier : il s'appelait Jean. Ce sont
donc les chrétiens qui ont détruit les tombeaux de cette partie
de la nécropole et je ne me tromperai pas beaucoup en disant
que les moines d'Abydos, contemporains ou disciples posté-
rieurs du fanatique Moyse dont l'image souille les murs du
temple de Séti 1er, sont les auteurs de ces horribles spolia-
tions. Us n'ont laissé aucun objet intact et ont agi avec len-
teur, prenant toutes les précautions nécessaires pour qu'il ne
leur arrivât aucun mal, bâtissant même des murs pour pré-
venir les éboulements qui auraient pu empêcher leur œuvre
de sauvage destruction. L'un des tombeaux de la seconde
butte avait été totalement incendié : comme il était entière-
ment pavé en bois, j'y rencontrai environ deux cents kilos de
charbon de bois, car les spoliateurs ayant allumé l'incendie et
ayant jeté du sable par dessus, le feu consuma lentement sa
proie. Je commençai à trouver sous ces deux huttes des silex
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