Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

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d'une beauté extraordinaire, admirablement polis et taillés et
le tombeau aux deux cents kilos de charbon de bois me four-
nit à lui seul 324 pointes de flècbes en silex, travaillées avec
une habileté extraordinaire, de toutes formes et déjà barbelées.
Les roseaux des flèches avaient été dévorés par l'incendie et
les pointes en silex élaient restées éparpillées dans le sable.
J'ai aussi rencontré dans ce même tombeau deux gros mor-
ceaux de bois de sycomore avec des mortaises ou des trous à
chevilles, et dans ces trous élaient passés des fils de bronze,
témoignage du moyen par lequel les diverses pièces du pavé
élaient assemblées ensemble. J'avais trouvé déjà des mor-
ceaux de métal ou des fils de métal dont je me demandais
Temploi : la solution du problème m'était ainsi fournie.

La quatrième butte était énorme et, quoiqu'elle fût large
de 80 mètres environ, je ne pouvais un seul moment espérer
y occuper d'un seul côté les 450 ouvriers que j'employais
alors. Je pensai à l'attaquer méthodiquement de trois côtés
à la fois, au nord, à l'est et. à l'ouest,- mais pour cela il fallait
déblayer le terrain afin de pouvoir rejeter toujours en arrière
les déblais qui seraient retirés. Comme du côté ouest était
un autre plateau d'environ 147 mètres de' largeur sur 123 de
longueur, je reportai mes ouvriers de ce côté. Dès les pre-
miers travaux qui furent exécutés, je me trouvai en présence
de nombreux tombeaux dont quelques-uns avaient des dimen-
sions énormes. C'est ainsi que je trouvai un tombeau com-
posé d'une grande salle ayant I5m,0o de long, 8m,90 de
large et 6m,24 de hauteur; la profondeur des murs de revê-
tement n'avait pas moins de 4ra,33. Ce tombeau était
celui du pharaon Den. L'incendie qui y fut allumé fut telle-
ment violent qu'il convertit sur toute l'épaisseur du mur les
briques crues en briques cuiles dont on pouvait faire le ci-
ment que les indigènes appellent 'omrah. On y accédait par
deux étages d'escalier contenant chacun vingt et une marches.
La salle était entièrement pavée de granit rose et les dévasta-
teurs avaient réussi d'abord à déplacer, ensuite à briser au
prix de grands efforts quelques-unes des pierres énormes du
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